Du 1er au 5 juin 2026, la Ligue tchadienne des droits des femmes et ses partenaires techniques et financiers ont organisé un atelier de formation dans le cadre du projet « Pour des agendas féministes Paix et Sécurité – Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix ».
Le projet est porté par le consortium Equipop, Diakonia, Fad, Institut Gorée, avec l’appui financier de l’AFD, il intervient dans six pays dont le Tchad. Il vise à outiller les activistes féministes dans la mise en œuvre des agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS, Résolution 1325) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS, Résolution 2250), avec une exigence : dépasser leur lecture institutionnelle pour les habiter d’une perspective décoloniale. « Au Sahel et en Afrique de l’Ouest, les conflits armés et l’instabilité politique frappent plus fort les femmes et les jeunes : violences sexistes. Exclusion des décisions, précarité économique. Pourtant, ce sont eux et elles qui tiennent les communautés. », justifie les organisateurs.
L’atelier a réuni 27 participantes et participants, issus de cinq organisations de la société civile (Osc) tchadiennes partenaires participaient, entre autres Mavi, Salama Peace, Rjdlt, Women Success et Afjt.
Selon la présidente de la Ligue tchadienne des droits des femmes, Nodjikoua Epiphanie Djonrang, ces journées de formation ont été riches en échanges, en apprentissages et en réflexions collectives autour des approches féministes et du plaidoyer féministe. « Cette formation nous rappelle une chose essentielle : le féminisme n’est pas seulement une théorie, c’est une pratique de transformation sociale, de justice, de paix et de dignité. Dans un contexte marqué par les crises, les conflits et les inégalités, il est urgent de renforcer des approches ancrées dans nos réalités, nos expériences et nos résistances », estime-t-elle. « Nous repartons aujourd’hui non seulement avec des outils, mais aussi avec une responsabilité collective : continuer à porter ces voix, ces combats et ces alternatives dans nos communautés, nos organisations et nos espaces de décision », ajoute Nodjikoua Epiphanie Dionrang.
D’après les organisateurs de cet atelier, quatre résultats : renforcement des connaissances féministes, élaboration d’une définition collective et décoloniale des approches féministes, partage de pratiques entre organisation et l’identification de stratégies pour une mise en œuvre plus féministe des agendas Fps/Jps, ont été atteints.
Les participants « s’engagent à restituer ces contenus en cascade auprès de leurs propres réseaux, femmes et jeunes sur le terrain ».



