Religion

Religion : professeur Abel Ndjerareou célèbre 50 ans au service de Dieu et de la nation

Religion : professeur Abel Ndjerareou célèbre 50 ans au service de Dieu et de la nation 1

En prélude à la célébration de son jubilé marquant ses 50 ans de ministère pastoral, prévue le 28 mars 2026 sous le thème « Jusqu’ici, le Seigneur m’a secouru », le professeur Abel Ndjerareou a animé, ce matin, une conférence de presse dans les locaux d’Electron Télévision (ETV).

Cette rencontre avec les médias s’est tenue en présence du coordonnateur général du comité d’organisation, Bako Ngardeye, ainsi que du rapporteur, Bétel Miarom.

D’entrée de jeu, le professeur a exprimé sa profonde reconnaissance à Dieu, avant de revenir sur son appel pastoral. Il a confié avoir ressenti cet appel durant ses études, notamment à Moundou, à travers les mouvements de jeunesse. « C’était un pas de foi », a-t-il souligné, rappelant le contexte des années 1970, marqué par les débuts du pays post-indépendance et le besoin en cadres nationaux. Pour lui, servir son pays passait également par la transmission de la foi et l’annonce du salut en Jésus-Christ, en vue de transformer les vies et, par ricochet, la société.

Revenant sur la signification du jubilé, il a expliqué qu’il s’agit, dans la tradition biblique, d’une période spéciale marquée tous les 50 ans. Ce moment, a-t-il précisé, revêt des dimensions spirituelles, sociales, économiques et politiques. « C’est un temps de restauration, de pardon et de rééquilibrage social », a-t-il indiqué, évoquant notamment la remise des dettes et la restitution des biens. Une démarche qu’il considère comme une leçon pour la nation tchadienne, dans un contexte où le vivre-ensemble demeure un enjeu majeur.

Après un demi-siècle de ministère, le professeur Ndjerareou estime qu’il est également temps d’interpeller la nouvelle génération. Il a rappelé avoir traversé plusieurs périodes politiques et côtoyé différents dirigeants, tout en soulignant l’importance de la prière pour ceux qui gouvernent.

Abordant l’évolution de l’Église au Tchad, il a rappelé que l’Évangile y est introduit depuis 1920, avec notamment l’Église fraternelle luthérienne qui a déjà franchi le cap du centenaire. Il a toutefois mis en garde contre les défis liés à la croissance des communautés religieuses, notamment les risques de divisions lors des transitions générationnelles. « Il est essentiel de préserver l’unité du corps du Christ », a-t-il insisté.

S’adressant à la jeunesse, le professeur Abel Ndjerareou a encouragé les nouvelles générations à demeurer fermes, courageuses et persévérantes dans leur engagement. Il a salué le travail de certains de ses disciples, aujourd’hui responsables, tout en soulignant son rôle actuel d’accompagnateur et de conseiller.

Justifiant le choix du thème de son jubilé, le professeur a évoqué un passage biblique symbolisant la reconnaissance envers Dieu pour son accompagnement constant. « Après 50 ans, je m’arrête pour dire : jusqu’ici, Dieu m’a soutenu », a-t-il déclaré, exprimant sa confiance pour l’avenir.

Dans un esprit d’humilité, il a également profité de cette tribune pour demander pardon à l’Église, au corps du Christ ainsi qu’à la nation tchadienne.

Interrogé sur les défis du ministère pastoral, il a mis en avant la mission de conduire les hommes vers le salut et le bien-être, tout en évoquant les difficultés liées à l’incompréhension et à la nécessité d’une grande patience dans l’accompagnement spirituel.

Enfin, abordant la question de la prolifération des églises au Tchad, le professeur Abel Ndjerareou a appelé à plus de collaboration et de solidarité entre les responsables religieux. « Il faut se tendre la main, au lieu de se marcher sur les pieds », a-t-il conclu.

Rahila Biassou Til-ndecka, stagiaire