Politique

Tchad : Pahimi Padacké Albert dénonce une « dérive autoritaire » après l’interdiction d’une conférence du GCAP

Tchad : Pahimi Padacké Albert dénonce une « dérive autoritaire » après l'interdiction d'une conférence du GCAP 1

Suite à l’interdiction de la conférence de presse du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), prévue ce samedi, l’ancien Premier ministre et actuel chef de file de l’opposition, le sénateur Pahimi Padacké Albert, a vivement réagi sur sa page Facebook. Il y dénonce « une nouvelle étape dans la dérive autoritaire » du pouvoir en place. 

Selon le leader politique, le GCAP avait déjà été « contraint, il y a quelques mois, de suspendre ses activités en raison d’un climat de menaces et de la réduction progressive de l’espace démocratique », une situation qui, selon lui, s’est accentuée depuis l’avènement de la 5ᵉ République.

Cette récente interdiction, imposée par une intervention des forces de l’ordre sur les lieux, marque pour l’ancien chef du gouvernement « un palier supplémentaire dans la restriction des libertés publiques ». Pointant directement du doigt le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti au pouvoir, il l’accuse d’entraver délibérément le pluralisme politique. « Interdire une simple conférence de presse par la force armée est un acte grave. Cela démontre une hostilité viscérale à la liberté d’expression », a martelé Pahimi Padacké Albert.

L’actuel président du Cadre permanent du dialogue politique (CPDP) estime que cette décision « piétine la Constitution et les lois de la République qui garantissent les libertés publiques ». À ses yeux, la situation actuelle traduit « un recul manifeste de la démocratie et une volonté d’étouffer toute voix discordante ». « Le Tchad ne peut bâtir son avenir sur l’exclusion, la peur, la répression et le silence imposé aux forces politiques et citoyennes », a-t-il conclu, appelant les autorités au respect des droits fondamentaux et à une véritable ouverture de l’espace politique.