Economie

Industrie : Le Tchad cède la SONACIM au groupe marocain CIMAF pour 36,5 milliards de FCFA

Industrie : Le Tchad cède la SONACIM au groupe  marocain CIMAF pour 36,5 milliards de FCFA 1

Ce 27 février 2026, l’État tchadien a officiellement transféré 70 % du capital de la Société nationale de ciment (SONACIM) au groupe marocain CIMAF. Un deal stratégique qui donne naissance à une nouvelle entité : CIM-TCHAD.

Sur un montant global de 36,5 milliards de FCFA, cette transaction permet à l’État et les communes locales (Pala, Léré, Fianga et Gounou-Gaya) de   conserver 30 % du capital afin de préserver les intérêts publics et d’associer les collectivités territoriales au projet.

Présent lors de la cérémonie, le directeur général de la SONACIM, Koye Ndaye Benoît, a insisté sur la portée stratégique de l’opération. « Cette opération n’est pas une fin, mais un commencement », a-t-il déclaré, évoquant la relance attendue de l’usine de Pala-Baoré, à l’arrêt depuis plusieurs années.

L’ambition affichée est claire : moderniser les installations, sécuriser l’approvisionnement national en ciment et accompagner l’essor des infrastructures dans le cadre du programme « Tchad Connexion 2030 ».

Fort de son expérience sur plusieurs marchés africains, le groupe CIMAF entend apporter son expertise technique, ses équipes spécialisées et un modèle de gouvernance axé sur la performance industrielle, la transparence et la responsabilité sociale et environnementale.

La signature des actes marque d’ailleurs la levée de toutes les conditions suspensives, incluant l’inventaire des actifs, la sécurisation foncière et l’aval de la Commission de la CEMAC. Les prochaines étapes seront consacrées à l’installation du nouveau conseil d’administration et à la finalisation du pacte d’actionnaires.

Les autorités assurent avoir accordé une attention particulière à l’impact social de la privatisation.  Une évaluation du personnel a été menée : les employés dont les profils correspondent aux besoins de la nouvelle entité seront intégrés à CIM-TCHAD, tandis que d’autres seront reclassés dans la fonction publique. Les droits des agents licenciés pour motif économique ont été calculés conformément à la législation en vigueur.

Pour le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, l’opération constitue une initiative « rare et prometteuse » pour le pays. « Au-delà de la relance d’une unité industrielle stratégique, elle devrait favoriser la création d’emplois, le transfert de compétences et le renforcement des capacités nationales de production », a-t-il indiqué

À travers la naissance de CIM-TCHAD, N’Djamena mise sur un partenariat Sud-Sud renforcé avec le Maroc, symbole d’une volonté affirmée de moderniser l’économie tchadienne et de consolider les bases d’une croissance durable.

Laouwei Tian Fabrice, stagiaire