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Au Tchad, les refugies soudanais menacés par la saison des pluies imminente

Au Tchad, les refugies soudanais menacés par la saison des pluies imminente 1

Depuis mi-avril, plus de 100 000 personnes se sont réfugiées au Tchad , fuyant les combats au Soudan. Action contre la Faim intervient dans la province du Wadi Fira ainsi que dans le Sila pour apporter de l’eau potable, un accès aux sanitaires et des équipements de première nécessité. Alors que les financements de la réponse d’urgence sont absents et les abris précaires, les personnes réfugiées voient arriver la saison des pluies avec inquiétude.

« Ces réfugiés qui fuient les hostilités arrivent pour la plupart les mains vides, sans eau, ni nourriture, explique Henri-Noël Tatangang, directeur d’Action contre la Faim au Tchad. L’accès à l’eau est préoccupant. Lors des évaluations dans le Wadi Fira, les réfugiés nous ont expliqué que les forages sont gérés par des opérateurs privés qui vendent le bidon d’eau de 20L à 100F. C’est un prix exorbitant pour les ménages réfugiés qui doivent aussi abreuver leur bétail. »

Au total, 5 704 réfugiés sont enregistrés dans la province de Wadi Fira et 18 773 dans la province du Sila en date du 23 mai 2023 dans l’Est du Tchad.

Action contre la Faim a dépêché dans le Wadi Fira une équipe de réponse rapide qui, après une évaluation des besoins, a procédé à la distribution de 500 kits non alimentaires aux familles. La distribution a eu lieu en partenariat avec le HCR dans les camps de réfugiés de Milé et Kounougou. Ces kits, composés d’une lampe torche solaire, de huit savons linge, de deux gobelets en aluminium, de deux bouilloires, de 80ml d’eau de javel, et du sac de conditionnement de kit réutilisable, ont permis d’appuyer l’installation de ces réfugiés. Action contre la Faim a par ailleurs participé à la coordination opérationnelle du secteur eau, hygiène et assainissement avec d’autres acteurs humanitaires dans la province pour fournir de l’eau potable à travers l’installation de tanks dans les sites d’installation.

Dans la province du Sila, Action contre la Faim a mis à la disposition trois citernes souples de stockage d’eau ; deux bladers de 5m3 et un de 10m3, qui permettront d’approvisionner les réfugiés en eau. L’eau est également transportée par des charrettes à cheval. Dans le site d’Ademou, nos équipes ont réhabilité un forage et en creusent un deuxième à la tarière. La tarière est un outil manuel, composé d’un ensemble d’allonges et rehaussé d’une poignée. On tourne la tarière dans le sol : celle-ci se remplit de terre que l’on vide au fur et à mesure. Six tranchées de défécation avec dix cabines par tranchée ont également été construites pour permettre d’évacuer sainement les déjections et prévenir ainsi les maladies. De concert avec la communauté, il a été institué une journée de salubrité hebdomadaire dans le site afin d’assainir l’environnement de vie grâce aux matériels de nettoyage doté par Action contre la Faim.

L’arrivée très prochaine de la saison des pluies, l’enclavement des sites, les maladies hydriques et autres intempéries sont autant de risques qui pourraient accroitre la vulnérabilité de ces réfugiés.

« La saison des pluies couvre généralement juillet et août, développe M. Tatangang, mais ces dernières années, le changement climatique exacerbe les évènements catastrophiques. L’an dernier le Tchad a subi des inondations sans précédent. Près de 600 000 personnes avaient été affectées jusqu’en novembre. Au Sila, ce sont plus de 79 000 personnes qui avaient été impactées l’an dernier . Les conditions ne sont pas réunies pour que ces nouveaux réfugiés puissent faire face à cette situation. »

« Les équipes d’action contre la Faim ont pu apporter une première réponse en eau, hygiène et assainissements aux réfugiés soudanais sur fonds propres, explique Mr Tatangang. Les besoins sont énormes pour garantir aux réfugiés et aux populations hôte un accès à tous les services de bases. Il faut que les bailleurs se mobilisent et financent la réponse humanitaire pour les 100 000 réfugiés déjà accueillis par le Tchad et pour les population hôtes dont l’accès aux ressources est perturbé par ces arrivées massives. La saison des pluies arrive, il est urgent d’agir maintenant »