Edito

Grace/Amnistie et puis ?

Grace/Amnistie et puis ? 1

Ils sont plus de 250 manifestants du 20 octobre dernier à regagner leurs familles respectives ce samedi. C’est suite à la grâce des autorités de la transition qui les ont condamnés pour attroupement non autorisé, destruction des biens publics, incendie volontaire et trouble à l’ordre public en son temps. Les familles sont heureuses de les accueillir. Mais beaucoup seront marqués à vie par cette épreuve digne d’une autre époque. « J’ai les doigts qui ne bougent pas bien, ma poitrine m’empêche de dormir convenablement ainsi que mon ventre parce qu’on nous donnait de n’importe quoi à manger. On buvait nos urines faute d’eau. En plus de tout cela, on nous torture normalement. Bref, j’ai mal partout » raconte un élève de 21 ans qui fait partie de ces libérés.
Ces manifestants qui racontent avoir subi des traitements inhumains doivent être suivis pour des diagnostics médicaux pour que l’on sache exactement où ils en sont. Ceci permettra d’éviter dans les jours, les semaines à venir, l’apparition de pathologies pouvant entrainer des morts en plus.

Parlant de morts, on en arrive à se demander si les mesures de grâce/amnistie ayant permis ces élargissements suffisent pour passer par perte et profits tous ces morts depuis le Maréchal Déby jusqu’au 20 octobre et les jours suivant ? Toutes ces vies ôtées en deux ans de règne de Mahamat Idriss Déby doivent être expliqués et les auteurs, jugés. C’est le seul agenda politique qui tienne.

L’agitation autour de la mise en place de la Conorec, les jeux de positionnement ne sont que diversion. Dans un contexte de crises multiples (Savannah, Allemagne, etc) un gouvernement responsable devrait travailler à assurer la sérénité et non foncer tête baissée (une méthode propre à Déby père mais dans un autre contexte) croyant pouvoir mettre tout le monde devant le fait accompli. Le chemin vers le référendum est long et d’ici là, tout peut arriver…

La Rédaction