Culture

‘‘Djarabane’’ ou la quête d’émancipation de Kandji

‘‘Djarabane’’ ou la quête d’émancipation de Kandji 1

Le scénariste et dessinateur tchadien, Adjim Danngar a publié le mercredi 25 janvier dernier aux éditions Delcourt, le Tome 1 de son album intitulé « Djarabane » (‘‘Que faire’’ en Sara). Un album qui relate le vécu de Kandji, le personnage principal, un rêveur en quête d’émancipation dans une société instable.

Existe-t-il une place pour un jeune tchadien rêveur dans une société instable qui le méprise ? C’est autour de cette interrogation que l’auteur, Adjim Danngar, conte la quête d’émancipation de Kandji. Le Tome I de « Djarabane » est sous-titré « Au petit marché des amours perdues ». Cet album de 192 pages nous ramène en 1984 à Sarh. Alors que le Tchad traversait l’une de périodes les plus violentes de son histoire, Kandji, sept ans, s’émerveille devant une peinture accrochée au mur et se fait la promesse de devenir un grand peintre. Comme les enfants de son âge, Kandji profite du bonheur de jouer dans les herbes ou sous la pluie avec ses camarades et amis. Dans son rêve de futur peintre, Kandji a le soutien de son ami Mango, (un homme plus âgé que lui). Mais c’est sans compter l’instabilité et le mépris de la société où il vit.

C’est à N’Djamena, en 1990, d’après album que la vie de Kandji va basculer, après l’arrivée des “baministes”. Le père de Kandji prendra une balle en pleine poitrine sur sa moto alors qu’il rentrait. Après les obsèques, Kandji se retrouve démuni. « Mes oncles sont venus récupérer les biens de mon père. Il paraît que c’est ainsi depuis la nuit des temps. Que c’est la tradition. Que je suis trop jeune pour hériter des souliers de mon père et surtout de sa moto… », raconte Kandji.

Ensuite, sa maman est renvoyée de la maison. Cette situation relatée par, Adjim Danngar, est toujours d’actualité. Des orphelins et veuves sont ainsi traités après le décès de leurs pères et maris. Kandji est donc obligé par son oncle de travailler afin de contribuer aux charges de la maison. Mais il refuse indiquant tenir à ses études. L’auteur laisse ses lecteurs sur leur soif. En attendant le prochain Tome II, Djarabane Tome I est disponible au prix de 23,95 euros (près de 16.000 francs Cfa).

Né à Sarh en 1982, Adjim Danngar publie ses premiers dessins dans des journaux culturels et satiriques au Tchad. Membre du collectif « L’Afrique dessinée » depuis 2005, il participe à des nombreuses expositions et festivals en Afrique et en Europe. Il a également participé à plusieurs albums collectifs dont « Dégage ! Le temps des révolutions » avec l’association Cartooning for Peace publié chez Fetjaine, « I have a dream : un nouveau monde se dessine » publié chez Steinkis, « Thembi et Jetje, tisseuses de l’arc-en-ciel » en 2011 et « Sommets d’Afrique » en 2013 publiés chez L’Harmattan BD. Son album « Mamie Denis, évadée de la maison de retraite », scénarisé par Christophe Edimo, est sorti le 25 janvier 2017 chez l’Harmattan BD.

Nadjita Namlengar