Le Programme de protection sociale adaptative au Sahel (PPSAS) franchit une nouvelle étape. Le 12 mai 2026, à Washington, la Banque mondiale a officiellement lancé la troisième phase de cette initiative régionale couvrant la période 2025-2030. L’objectif est ambitieux : renforcer, à grande échelle, des systèmes nationaux de protection sociale capables de faire face aux crises climatiques, sécuritaires et économiques qui fragilisent les pays du Sahel.
Six États sont concernés par cette nouvelle phase : le Tchad, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal.
Un financement renforcé pour une réponse durable
La troisième phase du programme prévoit de mobiliser entre 160 et 200 millions de dollars grâce à un fonds fiduciaire multi-bailleurs géré par la Banque mondiale. L’Allemagne, principal partenaire historique du programme, a déjà investi plus de 130 millions d’euros depuis 2014. Le Danemark, la France et le Royaume-Uni figurent également parmi les contributeurs.
Depuis son lancement il y a plus d’une décennie, le PPSAS a permis d’engager plus de 277 millions de dollars dans des projets d’investissements publics, d’assistance technique et de renforcement des capacités institutionnelles dans la région sahélienne. Le programme est mis en œuvre dans le cadre du dispositif régional SAWAC, piloté par la Banque mondiale.
Le Tchad face à des défis structurels
Le programme repose sur trois axes majeurs : le développement de registres sociaux digitalisés pour mieux identifier les ménages vulnérables, la mise en place de mécanismes de paiement sécurisés et le renforcement de plateformes de données permettant une réponse rapide en cas de crise.
Une attention particulière sera accordée aux femmes et aux jeunes, considérés comme les publics les plus exposés à la précarité. Les interventions prévues combinent transferts monétaires, formations en micro-entrepreneuriat et appui aux groupes d’épargne communautaire.
Passer de l’urgence à la résilience
Au-delà de l’assistance humanitaire classique, cette troisième phase entend promouvoir une approche plus durable de la protection sociale. L’objectif n’est plus seulement de répondre aux urgences ponctuelles, mais de construire des mécanismes capables de se déclencher avant, pendant et après les crises.
À travers cette stratégie, les partenaires du programme espèrent créer un lien plus solide entre l’aide humanitaire et les investissements de développement à long terme. Pour les pays du Sahel, et particulièrement pour le Tchad, l’enjeu est de transformer la protection sociale en véritable levier de stabilité économique et de résilience dans les zones les plus fragiles.
GADNODJI Nako
