La lutte contre les stupéfiants s’invite au cœur des préoccupations communautaires dans les cantons de Danamadji et de Moussafoyo. Les 15 et 16 septembre dernier, l’Agence Tyrannus a lancé ses activités dans ces deux zones et sensibilisé vingt autorités locales sur les textes juridiques relatifs à la consommation, la détention et au trafic des stupéfiants et produits psychotropes.
Le coup d’envoi des activités a été donné le 15 septembre à Danamadji, en présence des autorités locales. Représentant le maire de la commune, le Secrétaire général a officiellement lancé l’intervention de l’Agence Tyrannus, prévue pour quatre mois.
Il a invité les chefs de quartiers, de villages et de ferricks à s’impliquer dans la mise en œuvre du projet. Les échanges ont notamment fait ressortir les liens évoqués entre la consommation de stupéfiants et certaines tensions sociales, notamment les conflits intercommunautaires, les différends entre agriculteurs et éleveurs ainsi que les conflits familiaux et interpersonnels.
À Moussafoyo, le lancement est intervenu le 16 septembre. Après le mot de bienvenue du maire GOGOTO NARE, le Sous-préfet MAHAMAT YOUSSOUF MAKI a officiellement lancé les activités. Il a appelé les autorités locales à saisir cette intervention pour renforcer les actions de prévention dans le canton.
Le Chef de Canton de Moussafoyo, Sa Majesté TIGANALBAYE NARE, a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’une action concertée. Il a notamment évoqué le phénomène d’imitation comme l’un des éléments pouvant contribuer à la propagation de la consommation de substances psychotropes.
Au total, vingt autorités, soit dix dans chacun des deux cantons, ont pris part aux séances d’information. Sous-préfets, chefs de canton, chefs de villages, chefs de terre et chefs de ferricks ont été informés sur les dispositions légales et réglementaires encadrant les stupéfiants et les produits psychotropes.
L’objectif est de faire de ces responsables des relais auprès des communautés. Les participants ont été invités à mieux connaître les textes afin de pouvoir les vulgariser dans leurs localités et contribuer à la prévention du phénomène.
Les discussions ont également porté sur les risques sanitaires et sociaux liés à la consommation de ces substances, ainsi que sur leurs répercussions possibles sur la sécurité et le développement des communautés.
Pour rendre les échanges plus accessibles, l’Agence Tyrannus a utilisé des boîtes à images présentant différentes substances, notamment le tramadol et le cannabis.
Les présentations ont été suivies de discussions en plénière, permettant aux participants de partager leurs expériences et de soulever les difficultés liées à l’application des textes au niveau local.
Plusieurs autorités ont exprimé leur disponibilité à accompagner les prochaines actions de sensibilisation, notamment auprès des populations.
La cohésion sociale en ligne de mire
Ces activités s’inscrivent dans le cadre du projet « Approche communautaire intégrée d’éducation citoyenne en faveur de la cohésion sociale dans les cantons de Moussafoyo et de Danamadji » (ACIEC-LAPIA) mis en œuvre par l’Agence Tyrannus avec l’appui financier de COGINTA, dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne et piloté par un consortium.
L’enjeu est désormais de transformer l’information reçue en actions de proximité. Dans les cantons de Danamadji et de Moussafoyo, les autorités locales sont appelées à prolonger la sensibilisation afin que les textes juridiques ne restent pas seulement connus des responsables, mais soient également compris par les communautés.
AMADJIBEYE Prosper


