Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a officiellement ouvert ce mercredi 15 juillet à N’Djamena, le premier Forum africain de l’eau, placé sous le thème « De la vision à l’action ». Face à la crise hydrique qui touche le continent, il a appelé les États africains et leurs partenaires à une mobilisation collective. Le chef de l’État a également créé la surprise en annonçant la suppression des visas d’entrée au Tchad pour tous les ressortissants africains à compter du 1er janvier 2027, une mesure présentée comme un pas majeur vers l’intégration africaine.
La cérémonie a réuni plusieurs chefs d’État africains, dont Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), Romuald Wadagni (Bénin) et Félix Tshisekedi (République démocratique du Congo), ainsi que des représentants de gouvernements, d’institutions régionales et internationales. Anna Bjerde, directrice générale des opérations du Groupe de la Banque mondiale, coorganisatrice du forum, était également présente.
Dans son discours, le chef de l’État a rappelé que plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable, estimant que cette situation constitue « l’un des défis les plus existentiels de notre époque ». « Ce forum n’est pas une rencontre ordinaire. Il est le point de départ d’un engagement planétaire inédit. Son intitulé, De la Vision à l’Action, est un appel à agir », a-t-il déclaré.
Le président Mahamat Idriss Déby Itno a réaffirmé que l’accès à l’eau constitue une priorité du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». Il a annoncé la signature du Pacte pour l’eau du Tchad, dont les besoins de financement sont estimés à 3,8 milliards de dollars sur les 5 prochaines années, avec une contribution nationale de 20 %.
Ces investissements permettront notamment de développer des infrastructures hydrauliques, des périmètres irrigués, des retenues d’eau, des stations pastorales ainsi que d’autres ouvrages destinés à renforcer la sécurité alimentaire et la résilience face aux changements climatiques. « Au Tchad, nous considérons l’eau comme le socle fondamental de notre développement, le ciment de notre sécurité et la clé de notre paix sociale », a affirmé le président.
Le chef de l’État a également exhorté les banques de développement, les institutions financières internationales et les fonds partenaires à accélérer la mobilisation des financements promis dans le cadre de l’initiative Water Forward. « L’eau ne doit pas être un luxe, mais un droit fondamental », a-t-il insisté, invitant également les États africains à transformer leurs stratégies nationales en projets « bancables» afin d’attirer davantage d’investissements.
Le président tchadien a également proposé que les travaux du Forum s’articulent autour de trois priorités : le financement des infrastructures hydrauliques, le renforcement de la gouvernance des ressources en eau et une plus grande implication des femmes et des jeunes dans les politiques de gestion de l’eau. Il a par ailleurs plaidé pour un renforcement de la coopération régionale dans la gestion des bassins transfrontaliers, en s’appuyant notamment sur l’expérience de la Commission du Bassin du Lac Tchad.
À l’issue de son allocution, Mahamat Idriss Deby Itno a créé la surprise en annonçant que le Tchad supprimera les visas d’entrée pour tous les citoyens africains à partir du 1er janvier 2027, présentant cette décision comme un engagement en faveur de l’intégration continentale. « Le Tchad, pays de Toumaï, ouvre ses frontières et supprime les visas d’entrée pour tous les Africains, dès le 1er janvier 2027 », a-t-il déclaré, avant d’appeler les États africains à faire de ce forum « le moment où l’Afrique reprend en main la maîtrise de son destin hydrique ».
Le Forum africain de l’eau se poursuivra pendant deux jours autour de panels, de sessions plénières, de tables rondes et de rencontres B2B et B2G, organisés autour de trois grandes thématiques : l’eau pour les populations, l’eau pour l’alimentation et l’eau pour la planète.
Les travaux seront marqués par plusieurs temps forts, notamment l’adoption de la Déclaration de N’Djamena, la présentation des Pactes nationaux pour l’eau et la signature de deux nouvelles opérations financées par le Groupe de la Banque mondiale afin de renforcer les investissements dans les secteurs de l’eau et de l’agriculture au Tchad.


