La BVMAC veut accélérer le développement de son marché actions. Dans un avis d’appel d’offres portant sur l’élaboration d’une feuille de route pour l’introduction en Bourse d’institutions financières, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) prévoit d’identifier, dans les six pays de la CEMAC, les établissements susceptibles d’accéder au marché boursier régional.
Le constat qui motive cette démarche est préoccupant : la BVMAC compte 25 sociétés de bourse, mais seulement six sociétés introduites à la cote, ainsi qu’une vingtaine de lignes obligataires. Le document relève également une faible activité sur les marchés primaire et secondaire et une base d’investisseurs encore limitée.
Projet d’appui à l’approfondissement du secteur financier en Afrique centrale
Les banques et assurances dans le viseur
L’objectif est d’établir un inventaire des institutions financières du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad pouvant être introduites en Bourse.
Le futur consultant devra analyser leurs principaux indicateurs financiers : fonds propres, rentabilité, solvabilité, endettement, perspectives d’activité, mais aussi la transparence, l’organisation, le contrôle et la gouvernance.
La feuille de route devra ensuite préciser les modalités possibles des opérations : cession d’actions existantes ou augmentation de capital, avec une programmation des actions sur un horizon de cinq ans.
Relancer une Bourse en manque de liquidité
Derrière cette initiative, l’enjeu est de renforcer l’offre de titres et, à terme, la liquidité de la BVMAC. Les autorités régionales veulent notamment faire de l’action volontariste des États un « électrochoc de départ » pour redynamiser le marché financier.
Le projet est financé dans le cadre du Projet d’appui à l’approfondissement du secteur financier en Afrique centrale (PASFIC), grâce à un financement de la Banque africaine de développement (BAD). La mission d’élaboration de cette feuille de route doit durer au maximum trois mois.
Reste désormais à savoir quelles institutions seront identifiées et surtout si cette démarche permettra de transformer l’offre de titres et l’activité du marché. Pour la BVMAC, l’objectif est de passer d’un marché disposant de nombreux intermédiaires mais de peu de sociétés cotées à une véritable place régionale de financement par le marché.
GADNODJI Nako
