La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) intensifie son projet de réforme du secteur bancaire dans la zone CEMAC, avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI). L’objectif affiché est une transformation profonde du système financier régional, centrée sur la digitalisation des paiements, la mise en place d’une monnaie numérique, le refinancement et l’inclusion financière.
Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, s’est entretenu le 14 septembre 2026 avec le directeur Afrique du FMI pour définir un nouveau modèle bancaire capable de financer durablement l’économie régionale au cours de la prochaine décennie. Parmi les priorités figurent la création d’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC), le renforcement du rôle de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) et la modernisation des instruments de politique monétaire.
Les enjeux sont multiples : développer le Mobile Money et les paiements transfrontaliers sécurisés, élargir l’accès aux services bancaires dans les zones faiblement bancarisées, soutenir les États en déficit budgétaire et les entreprises en quête de crédits de long terme. Le guichet spécial de refinancement de la BEAC reste au cœur du débat : le FMI alerte sur ses effets potentiels sur les réserves de change, tandis que la BEAC le considère comme un levier pour financer l’investissement productif.
Sur le plan régional et international, la BEAC s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors des réunions de printemps FMI–Banque mondiale en avril 2026. Elle multiplie les partenariats avec des groupes bancaires (UBA, Standard Chartered, Vista Groupe) et le Trésor américain pour renforcer la coopération et sécuriser les systèmes financiers. La monnaie numérique est perçue comme un instrument stratégique pour consolider la souveraineté monétaire et contrer la prolifération des actifs numériques privés.
Toutefois, des points de vigilance subsistent : la nécessité de traduire les annonces en résultats tangibles, l’équilibre délicat entre liquidité bancaire et financement de l’investissement, ainsi que la pression sur les réserves de change.
En résumé, la BEAC engage une réforme systémique du secteur bancaire de la CEMAC, avec l’appui du FMI, pour moderniser la monnaie, renforcer la supervision et transformer les banques en véritables moteurs de développement économique. Une réforme qui pourrait redéfinir le paysage financier de l’Afrique centrale dans les dix prochaines années.
OM



