Politique

Grâce présidentielle : les huit anciens prisonniers politiques issus de l’ex-GCAP réclament le plein exercice de leurs droits

Grâce présidentielle : les huit anciens prisonniers politiques issus de l’ex-GCAP réclament le plein exercice de leurs droits 1

Libérés le 14 août à la faveur d’une grâce présidentielle, les huit anciens prisonniers politiques issus de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont livré, ce vendredi, leur première déclaration publique. Réunis à la salle du 27-Novembre de la FM Liberté, ils ont remercié le chef de l’État et tous ceux qui ont contribué à leur libération, tout en réclamant le plein exercice de leurs droits civiques et politiques.

Face aux journalistes et à leurs compatriotes, Keleou Bombaye, Ahmed Bokori Nima, Badono Daigou, Nassour Koursami, Neatobei Bidi Valentin, Mahamat Djara, Max Kemkoye et Avocksouma Djona Atchenemou ont présenté leur libération comme « l’aboutissement d’une convergence de volontés, de courages et de prières ». Saluant la grâce présidentielle accordée le 14 août dernier , ils ont décrit cette date comme « le jour où la liberté a prévalu ».

Tout en se félicitant de leur remise en liberté, les huit responsables politiques estiment que la grâce présidentielle doit désormais ouvrir une nouvelle étape. Ils souhaitent qu’elle ne se limite pas à leur sortie de prison, mais qu’elle leur permette également de retrouver le plein exercice de leurs activités et responsabilités politiques.

« Nous osons espérer que cette grâce présidentielle rétablit effectivement la liberté des leaders politiques, qu’elle ne supprime pas leurs droits civiques ni leur légitimité politique », ont-ils déclaré.

À leurs yeux, la direction de leurs formations politiques relève d’un « droit constitutionnel » et non d’un « privilège ». Ils demandent, en conséquence, que leur libération s’accompagne d’une reconnaissance pleine et entière de leur capacité à reprendre leurs responsabilités au sein de leurs partis.

Les huit responsables politiques voient également dans la grâce présidentielle une occasion de contribuer à l’apaisement du climat politique national. Selon eux, cette décision pourrait constituer « un jalon important pour la cohésion nationale » et ouvrir la voie à « un dialogue politique renouvelé ».

« Une démocratie vivante exige des partis libres, des leaders respectés et un débat contradictoire garanti », soutiennent-ils. Ils appellent ainsi au rétablissement effectif du pluralisme démocratique et au respect du droit de chaque responsable à diriger sa formation politique « sans entrave ni épée de Damoclès ».

Les  ex-prisonniers politiques rejettent, par ailleurs, toute interprétation de leur libération comme une mesure visant à restreindre leur action politique. « Pour nous, cette libération ne saurait être une simple mesure de façade, ni un stratagème visant à restreindre l’action politique ou à affaiblir l’opposition », affirment-ils.

Sur le plan juridique, les huit responsables estiment que les peines accessoires de déchéance politique évoquées à leur encontre ne devraient pas leur être applicables. Ils s’appuient  notamment  sur le fait que leur affaire aurait été « correctionnalisée », c’est-à-dire requalifiée et jugée comme un délit plutôt que comme un crime. Ils considèrent, par conséquent, conserver leur droit à diriger leurs formations politiques et demandent que leur capacité à exercer ces responsabilités soit pleinement reconnue.

Au-delà de leurs revendications politiques, les huit responsables ont exprimé leur gratitude à leurs familles, à leurs avocats, aux responsables religieux, aux organisations de la société civile, aux journalistes ainsi qu’à toutes les personnes qui leur ont témoigné leur solidarité durant leur détention.

Ils ont également eu une pensée pour les autres détenus qu’ils ont côtoyés en prison, notamment ceux confrontés à des conditions de détention difficiles. Ils ont dénoncé la situation de certains citoyens, parfois mal nourris et malades, qui attendent de longues périodes avant d’être jugés ou de bénéficier de conditions d’hygiène et de soins adéquates.

Dans leur déclaration , les responsables politiques ont réaffirmé leur attachement aux valeurs républicaines, à la justice sociale, à la démocratie et à la paix. Ils se disent déterminés à poursuivre leur engagement politique et à œuvrer « pour la paix, la justice sociale et la démocratie ».

« Nous demeurons pleinement engagés à œuvrer dans la paix et la sérénité, pour l’avenir de notre Nation », ont-ils affirmé.

Rahila Biassou Til-Ndecka