Le déplacement officiel du maréchal Mahamat Idriss Déby à Alger est marqué par la signature à ce jour de 27 accords bilatéraux afin de renforcer le partenariat stratégique avec l’Algérie.
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno s’est rendu à Alger depuis le 22 avril 2026, à l’invitation de son homologue Abdelmadjid Tebboune. Cette visite s’inscrit dans un contexte régional marqué par des recompositions sécuritaires et économiques au Sahel. Elle traduit une volonté de relancer les relations bilatérales après des années de distance, notamment liées à la reconnaissance par le Tchad de la marocanité du Sahara occidental, qui avait crispé Alger.
Au total, 27 accords et mémorandums d’entente à ce jour ont été conclus lors de la 4e session de la Commission mixte de coopération algéro-tchadienne. Ces textes couvrent des secteurs variés tels que : énergie et infrastructures, agriculture et santé animale, Industrie pharmaceutique et commerce, communication et jeunesse et exemption réciproque de visas pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service.
Ces accords visent essentiellement à stimuler les investissements algériens au Tchad, faciliter les échanges commerciaux et encourager les initiatives conjointes.
Pour Alger, il s’agit de consolider son influence au Sahel et de renforcer les flux économiques dans le cadre de projets régionaux comme le gazoduc transsaharien. Pour N’Djaména, l’enjeu est double : sécuriser son territoire face aux menaces régionales et accélérer son développement économique.
Mais au-delà, la visite a également mis l’accent sur la coopération sécuritaire. Les deux pays, confrontés à l’instabilité persistante au Sahel, entendent coordonner leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme et les trafics transnationaux. Les entretiens bilatéraux ont porté sur la nécessité de bâtir une relation stratégique multidimensionnelle, dépassant la solidarité historique pour répondre aux défis contemporains.
Comme perspective et enjeux politiques, ce déplacement marque un moment charnière dans les relations Algéro-tchadiennes. Les responsables des deux pays parlent d’une « nouvelle phase » fondée sur des complémentarités économiques et une volonté politique affirmée. Au-delà des enjeux bilatéraux, cette coopération s’inscrit dans une lecture plus large des dynamiques régionales, où Alger et N’Djaména cherchent à jouer un rôle accru dans la stabilisation du Sahel.
Bref, cette visite officielle et les accords signés traduisent une ambition claire : transformer une relation historiquement solidaire en un partenariat stratégique, capable de générer des résultats concrets sur les plans économique et sécuritaire, tout en repositionnant le Tchad dans l’équilibre délicat entre Alger et Rabat.
OM



