Au seuil de cette nouvelle année 2026, rien ne laisse présager un avenir meilleur. Les crises sociales résonnent dans tous les ministères et institutions de l’État secteurs de la vie de la nation : grèves, cris d’alarme et revendications se multiplient, sans qu’aucune solution ne soit apportée par les gouvernants. Comme à l’accoutumée, on avance tête baissée, dans l’indifférence quand ce n’est pas dans l’arrogance.
Des lauréats des écoles professionnelles, formés par l’État depuis des années, attendent toujours leur intégration à la fonction publique. Les enseignants réclament l’application du décret 2850 portant leur statut particulier, tandis que les médecins exigent également la reconnaissance de leur statut et de meilleures conditions de travail. Face à ces revendications légitimes, la réponse des autorités se résume trop souvent à des intimidations et arrestations. L’exemple récent de Djimhoudel Faustin, président du Syndicat Indépendant des Enseignants du Tchad (SIET), arrêté le 8 janvier et placé à la maison d’arrêt de Klessoum pour “rébellion et trouble”, illustre cette dérive. Son seul tort : avoir demandé par un point de presse, au nom de ses militants, l’application d’un décret ignoré dans la loi de finances 2026.
La grève des médecins, toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes, témoigne du silence ostentatoire du gouvernement. Alors que la vie des citoyens dépend de leur travail, leurs revendications restent lettre morte.
A cela s’ajoute un constat alarmant : le rapport annuel de 2025 du Réseau des Journalistes Reporters Tchadiens (RJRT) fait état de plus de 600 violations recensées dans sept provinces du sud du pays, y compris à N’Djamena. Arrestations arbitraires, meurtres liés aux conflits intercommunautaires, menaces et intimidations contre les journalistes… Ces chiffres traduisent une dégradation persistante des libertés fondamentales dans un contexte politique toujours fragile.
Si les autorités tchadiennes ne prennent pas la mesure de cette situation socio-politique et économique, l’année 2026 risque d’être encore plus sombre que les précédentes.
La Rédaction



