À l’approche du 2e congrès ordinaire du Mouvement des patriotes tchadiens pour la République (Mptr), prévu les 29 et 30 janvier à Moundou, son président Brice Mbaimon fait le point. Entre bilan électoral, mise au point sur la gestion interne et critiques acerbes contre le nouveau Cadre permanent de Dialogue Politique (Cpdp) , le député fixe le cap pour 2026.
Selon le député Brice Mbaimon, le Mptr connaît une croissance régulière depuis sa création. « Nous avons pris part à tous les scrutins majeurs depuis 2011. Aujourd’hui, avec deux députés et trois conseillers communaux, le parti prouve son ancrage national et la confiance renouvelée des citoyens », affirme-t-il avec satisfaction.
Face aux accusations de gestion « illégale » liées à une prétendue non-tenue de congrès, le leader du Mptr balaie les critiques. Il rappelle que sa formation a tenu un congrès ordinaire en 2016, plusieurs congrès extraordinaires ainsi que des assises régulières. L’annonce du 2e congrès ordinaire, les 29 et 30 janvier à Moundou, est pour lui l’occasion d’inviter les militants à exprimer leurs revendications dans le cadre statutaire du parti.
Interrogé sur les soupçons de népotisme, le président se veut catégorique : « Le parti n’est pas un bureau de placement. Les responsabilités sont attribuées sur la base du mérite, de l’engagement et du travail de terrain, loin de toute considération familiale ». Quant aux récents départs de militants, il les qualifie de « non-événements » impliquant des membres déjà sanctionnés pour manquements graves, se disant serein quant au climat des assises à venir.
Sur le plan législatif, Brice Mbaimon rassure sur la cohésion de ses troupes. Il affirme entretenir une excellente collaboration avec le député Béral Mbaikoubou. Selon lui, les prises de position de son collègue à l’Assemblée nationale reflètent scrupuleusement la ligne politique décidée par le parti.
L’actualité sécuritaire demeure toutefois au cœur de ses préoccupations. Si l’incident frontalier avec le Soudan est jugé « clos » après les excuses diplomatiques des FSR, la situation à Korbol l’inquiète davantage. Le président du Mptr appelle au dialogue et à l’abandon des armes par les groupes armés, tout en exhortant le gouvernement à garantir la protection des civils.
Enfin, le député ne décolère pas concernant la nouvelle composition du Cadre permanent de dialogue politique (Cpdp). Dénonçant une liste « truffée d’amis du pouvoir » et intégrant des partis n’appartenant pas à l’opposition réelle, il exige le retrait pur et simple du décret de nomination. À défaut, le Mptr saisira la Cour suprême. « Si le Chef de l’État ne retire pas ce texte, le Mptr saisira la Cour suprême. Le rôle de l’opposition est aussi de faire respecter les lois que nous votons », conclut Brice Mbaimon, avec fermeté.
Kedaï Edith



