La vidéo a été générée par l’intelligence artificielle.
Cette publication TikTok prétend montrer des images d’une récente frappe de drone iranien sur le petit port d’Haïfa, en Israël, est FAUSSE.
https://pesacheck.org/content/media/2026/06/data-src-image-8c62a8cd-be0e-461d-bc0f-030e2f2759e1.png
La publication diffusée le 1er juin 2026 décrit sur fond noir un texte en capitales blanches invitant les internautes à « Regarder très bien cette vidéo pour mieux comprendre la situation d’une frappe de drone iranien sur Israël dans le département Haïfa le petit port ».
La séquence vidéo, filmée depuis ce qui semble être un balcon, montre un énorme sous-marin noir se trouvant hors de l’eau, posé en travers d’un pont routier enjambant un fleuve, juste à côté d’un camion semi-remorque rouge. Une violente explosion, avec un panache de feu et de fumée, frappe parfois le sous-marin. La publication est agrémentée de nombreux émojis représentant les drapeaux israélien et iranien.
PesaCheck a examiné cette publication et l’a trouvée fausse.
Une recherche d’images inversée via Yandex à partir d’une capture de la vidéo n’a pas permis de retrouver l’origine de ces images dans un contexte réel ou documenté.
PesaCheck a procédé à une analyse de la vidéo à l’aide de l’outil Sight Engine qui a conclu qu’elle a été générée par l’intelligence artificielle à 92 pour cent, avec un score de 85 pour cent attribué aux générateurs de type « Diffusion ».
Un examen visuel attentif confirme de multiples anomalies caractéristiques des vidéos synthétiques : la boule de feu de l’explosion présente une texture géométrique et des reflets trop symétriques pour être réalistes. La fumée se dilue de manière anormalement uniforme sans tenir compte des effets du vent, les reflets de l’explosion sur la surface de l’eau semblent artificiels, et le rendu de l’ensemble de la scène affiche une qualité photographique trop lisse et trop cohérente pour une vidéo amateur tournée depuis un balcon.
Outre la falsification visuelle, l’allégation textuelle est contredite par l’actualité.
Une recherche Google avec les mots-clés : « frappe drone, Haïfa, juin 2026, Israël et Iran » ne révèle aucune trace d’un tel bombardement sur la ville côtière à cette période.
Aucune agence de presse internationale ni aucun média local n’a rapporté d’attaque iranienne destructrice sur le port d’Haïfa début juin 2026. Les dernières frappes documentées de manière similaire dans cette région remontent à octobre 2024 .
C’était une attaque revendiquée par le Hezbollah libanais qui a tué quatre soldats israéliens et blessé plus de 60 personnes sur une base militaire au sud de la ville de Haïfa.
De plus, dans la nuit du 7 au 8 mars 2026, une frappe iranienne a visé la raffinerie de la compagnie Basan à Haïfa, provoquant des panaches de fumée et le retentissement de sirènes dans le nord d’Israël.
En avril 2026, plusieurs médias ici, ici et ici ont rapporté qu’un missile balistique iranien équipé d’une ogive à sous-munitions avait visé la région de Haïfa, blessant légèrement quatre personnes.
Ce constat est confirmé par le canal Telegram IL Red Alert News, qui diffuse en temps réel les alertes officielles du Commandement du Front intérieur israélien. Le bilan des alertes enregistrées le 3 juin 2026 depuis minuit recense six alertes rouges dont deux alertes missiles et quatre alertes drones, toutes concentrées dans la zone de la ligne de confrontation nord (Kiryat Shmona, Manara, Margaliot, Misgav Am). Aucune ne mentionne le port de Haïfa.
Le 4 juin 2026, le même canal n’enregistre que deux alertes drones, dans les villages d’Arab al-Aramshe et Kfar Yuval, deux localités situées à la frontière libanaise, à plusieurs dizaines de kilomètres au nord-est de Haïfa. Aucune frappe sur le port de Haïfa n’est donc signalée à cette période.
PesaCheck a examiné une publication TikTok prétendant montrer une frappe de drone iranien sur le port de Haïfa en Israël début juin 2026 et l’a trouvée FAUSSE.
Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.
En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.
Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.
Cette vérification des faits a été réalisée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé , éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la réactrice en chef de PesaCheck, Doreen Wainainah .
PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent : Code for Africa . Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau/à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org .
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PesaCheck est une initiative conjointe de Code for Africa , à travers son fonds InnovateAFRICA , avec un soutien de la Deutsche Welle Akademie , en partenariat avec une coalition de médias locaux africains et d’autres organisations civiques de surveillance.



