N’Djamena a accueilli, du 4 au 10 mai 2026, la 3ᵉ édition du festival Au Cœur de l’Art, placée sous le thème « Plaider pour l’accès à la culture ». Devant un public nombreux, l’événement a mis en lumière le rôle central de la culture dans le développement économique et social, offrant à la fois un espace d’exposition d’œuvres artistiques et un cadre de formation à travers des panels nationaux et internationaux.
Le festival a insisté sur l’importance de l’art comme vecteur de cohésion sociale et de croissance économique, tant au niveau local qu’international. Le cinéma, la musique et les arts visuels y ont été présentés comme de véritables leviers de promotion culturelle.
Les échanges ont également mis en avant des modèles de réussite internationale, tels que le MASA (Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan) en Côte d’Ivoire. Créé il y a 33 ans, le MASA, dirigé par Abou Kamagaté, combine marché et festival pour transformer le talent artistique africain en opportunités réelles. En 2026, cette institution a reçu 2 250 candidatures provenant de 51 pays et attiré des acheteurs de 72 nations, générant 1 700 rendez-vous d’affaires et 800 intentions de contrats (allant de la simple diffusion à la coproduction).
L’entrepreneuriat culturel au féminin a également occupé une place centrale. Netoua Ernestine, fondatrice du projet Koura Gosso, a partagé son parcours inspirant : « À mes débuts, il n’existait quasiment aucun modèle féminin. Lancer un festival n’était pas seulement un projet culturel, c’était un moyen d’affirmer ma place en tant que femme et leader d’impact. » Aujourd’hui, son initiative rayonne au Tchad grâce au soutien de partenaires tels qu’Alsafo, leader du groupe Magic System, et Abou Kamagaté. Elle a rappelé le courage nécessaire pour surmonter les pesanteurs sociales : « Aucun père ne va accepter qu’une femme travaille tard la nuit, mais si les femmes veulent se battre pour leur société, elles doivent oser. »
Les participants ont salué la qualité des débats, qui ont permis de renforcer les ambitions des jeunes professionnels de la culture . Pour Oustas Barthélémy, l’un des participants,« ces échanges montrent que, malgré les défis, la culture peut être un véritable moteur de développement et d’innovation ».
Laouwei Tian Fabrice


