Dans un communiqué de presse publié ce samedi 25 avril 2026, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-Tchad) dénonce des conditions de détention «dégradantes » et une crise sanitaire majeure au sein de la maison d’arrêt de Laï, chef-lieu de la province de la Tandjilé.
La maison d’arrêt de Laï étouffe sous le poids d’une surpopulation devenue incontrôlable. Prévue pour accueillir un maximum de 80 pensionnaires, la structure en compte aujourd’hui plus de 200, tous entassés dans un quartier unique. Cette promiscuité extrême constitue, selon l’ACAT-Tchad, une violation manifeste des standards internationaux de dignité humaine, notamment les « Règles Nelson Mandela » et les « Règles de Bangkok ».
Plus grave encore, l’établissement est décrit par l’ACAT-TCHAD comme un véritable désert médical. « La prison est dépourvue d’infirmerie fonctionnelle et de personnel soignant .Cette absence de suivi transforme les cellules en foyers infectieux où la tuberculose, les dermatoses et les œdèmes se propagent à une vitesse fulgurante », déplore l’organisation.
Chaque jour, une dizaine de nouveaux cas de pathologies graves sont recensés, sans qu’aucune prise en charge réelle ne soit possible. « Cette carence structurelle prive les détenus de leur droit fondamental à la santé »,martèle l’ACAT-Tchad.
Pour l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture , l’administration pénitentiaire locale est totalement dépassée par l’ampleur du sinistre. Faute de moyens humains et matériels, elle se trouve dans l’incapacité d’assurer sa mission de protection des détenus, une obligation pourtant inscrite dans la Constitution de la 5ème République.
Devant l’urgence, l’organisation interpelle directement le gouvernement. Elle appelle la Garde des Sceaux (Ministre de la Justice), le Ministre de la Santé Publique ainsi que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) à intervenir sans délai.
Au-delà de l’action publique, l’ACAT-TCHAD sollicite l’appui des partenaires institutionnels, des agences humanitaires et des citoyens de bonne volonté. « Une aide médicale et alimentaire est jugée indispensable pour endiguer cette crise sanitaire et aligner les conditions de vie à Laï sur les standards juridiques en vigueur »,conclut l’organisation .


