Le Tchad figure encore en 2025 parmi les pays les plus mal classés au monde en matière de corruption perçue, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié ce mardi par Transparency International. Avec un score de 22 sur 100, le pays se maintient dans le bas du classement mondial, illustrant la persistance de graves défis en matière de gouvernance et de transparence.
À l’échelle régionale, l’Afrique subsaharienne demeure la région la moins bien notée par l’IPC. Avec un score moyen de 32 sur 100, elle se classe dernière parmi les régions évaluées. Sur les 49 pays de la région, seuls quatre dépassent la barre des 50 points, seuil à partir duquel la corruption est considérée comme relativement maîtrisée. L’indice analyse au total 182 pays et territoires à travers le monde.
Le rapport met en lumière une stagnation préoccupante. Depuis 2012, dix pays de la région ont enregistré une détérioration significative de leur situation, tandis que seulement sept ont connu de réels progrès. Le Tchad s’inscrit dans cette dynamique de stagnation, sans amélioration notable de son score au cours des dernières années.
Transparency International pointe notamment la corruption dans la gestion des fonds publics, indicateur clé du déficit d’intégrité politique. Cette situation compromet l’accès des populations aux services essentiels tels que l’eau, l’électricité, la santé ou l’éducation, et touche en priorité les couches sociales les plus vulnérables.
Face à ce constat, l’ONG appelle les gouvernements d’Afrique subsaharienne à renforcer leurs institutions démocratiques et à engager des réformes crédibles et durables afin de lutter efficacement contre la corruption.
Les pays africains les mieux et les moins bien classés par l’IPC, 2025
En 2025, les Seychelles demeurent le pays africain le mieux classé à l’IPC avec un score de 68 sur 100, suivies du Cap-Vert (62), du Botswana (58) et du Rwanda (58). À l’inverse, les pays affichant les scores les plus faibles sont le Soudan (14), l’Érythrée (13), la Somalie (9) et le Soudan du Sud (9).
Paul Banoba, conseiller régional Afrique de Transparency International, appelle les « gouvernants africains à traduire leurs engagements anticorruption en actions concrètes ». Il insiste notamment sur la nécessité de renforcer les institutions de contrôle, d’accroître la transparence, de protéger l’espace civique et de soutenir la participation citoyenne.
Au niveau mondial, le Danemark conserve sa place de leader du classement, malgré une légère baisse de son score, passé de 90 sur 100 en 2024 à 89 sur 100 en 2025.


