Dénonçant le « mépris » des autorités, la section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) de N’Djamena menace de paralyser l’école . Dans un communiqué publié ce 17 janvier, le syndicat exige l’application immédiate du décret n°2850 et brandit un ultimatum : « sans acte concret, une grève générale sera déclenchée dès la fin du mois ».
Réunie en séance élargie, la direction syndicale a fustigé ce qu’elle qualifie d’« irresponsabilité flagrante » et de « mépris assumé » des autorités face à la détresse du corps enseignant. « Les enseignants, piliers de l’avenir national, sont aujourd’hui abandonnés à une précarité humiliante », martèle le communiqué.
Au cœur du conflit : le décret n°2850 portant statut particulier des personnels de l’éducation. Malgré les promesses gouvernementales, ce texte demeure lettre morte.
Pour le SET, il ne s’agit plus d’un simple retard administratif. « Ce refus n’est plus une négligence : c’est un choix politique délibéré contre l’école tchadienne », accuse la section provinciale.
Le syndicat dénonce également les promesses répétées des autorités, qu’il qualifie de « creuses », et les manœuvres dilatoires qui, selon lui, maintiennent les enseignants dans une situation indigne. « La situation est indigne, révoltante et moralement inacceptable », martèle le SET, soulignant que le décret 2850, « obtenu à l’arrachée », ne saurait être renégocié ailleurs que dans le cadre du comité initié par le ministère en charge de l’Éducation nationale. « Ce décret doit être immédiatement applicable. Le contraire n’est que mépris et hypocrisie », insiste-t-il.
La section provinciale du SET déplore par ailleurs le silence du ministère de l’Éducation nationale, qu’elle juge « complice », surtout lorsque d’autres ministères parviennent à améliorer les conditions de vie de leurs agents. Une attitude qui, selon le syndicat, « expose le pays à une crise éducative grave dont le gouvernement portera l’entière responsabilité ».
Se disant arrivée au terme de toutes les voies de dialogue et de recours, la section provinciale du SET de N’Djamena annonce son refus de rester silencieuse. Elle accuse le gouvernement d’avoir « sciemment choisi de sacrifier l’école tchadienne sur l’autel de l’indifférence » et appelle l’ensemble de ses militants ainsi que tous les enseignants à « la mobilisation totale et à la vigilance ».
Le communiqué tient lieu de préavis de grève. Le mouvement pourrait entrer en vigueur à la fin du mois de janvier 2026 si aucun acte « concret, clair et immédiat » n’est posé pour conclure le protocole d’accord en vue de l’application du décret n°2850. Le syndicat prévient que, dans un tel scénario, « le gouvernement sera seul responsable de tout ce qui adviendra ».


