Edito

Tirer les leçons de nos erreurs

Tirer les leçons de nos erreurs 1

Tirer les leçons de nos erreurs

2016 anus horribilis? Au journal Le Pays, nous pensons que non. Malgré le tableau sombre qui est peint dans le numéro que vous avez en main, nous pensons que des vicissitudes que le pays de Toumai a traversées et traverse en ce moment, sortira du mieux. Demain sera meilleur comme le dit l’adage.

Il ne s’agit pas de vœux pieux comme nous le verrons à la lumière de quelques évènements que nous avons vécus au cours de l’année qui s’achève. L’affaire Zouhoura et la campagne électorale ayant conduit à la présidentielle du 10 avril 2016 ont permis de constater qu’il existe une frange de la population, jeune, ouverte sur le monde et qui compte se faire entendre que ce soit dans le monde virtuel ou réel. Ce sont les mêmes qui ont battu le pavé après le viol de la jeune lycéenne qui ont bravé les forces de l’ordre lors du jugement des leaders de la société civile au palais de justice. Le peuple tchadien jugé indolent sait battre le pavé même si au regard de certains, il ne sait le faire à l’image des burkinabés. Certes, mais dans cette atmosphère, une logique du contournement est née. Malgré la fermeture des réseaux sociaux par les autorités, les violations des droits de l’homme et autres abus ont été portés à la connaissance du monde. En cela, les tchadiens ont évolué et on a pu le mesurer lors de l’annonce de la signature d’un accord de sponsoring entre le Tchad et le club français, le FC Metz. Fondée ou pas, les tchadiens, la jeunesse tchadienne a trouvé dans la blogosphère un espace de contestation qui demande, à notre avis, à être mieux renseignée et surtout élever le niveau de son débat.

Sur le terrain de la compétition politique, les résultats du recensement biométrique ont montré que les statistiques du pays sont toutes fausses. Le bureau permanent des élections a mis à jour une population électorale dépassant largement les projections faites sur la base du recensement général de la population. Même si le travail de la Ceni a été contesté, il a ceci de positif qu’il nous rappelle que le recensement général de la population de 2009 a été mal fait. C’est aussi cette donne, associée à la conjoncture qui a mis le président sortant en difficulté réalisant son score le plus faible depuis 1996. C’est dire que plus rien ne sera comme avant.

L’approche de la présidentielle a suscité un foisonnement dans le milieu de la société civile et des médias avec un positionnement et des accents plus ou moins radicaux. Chemin faisant, l’ivraie s’est séparée de la graine et aujourd’hui, les observateurs sérieux savent distinguer le véritable militant des droits de l’homme de la taupe  des services. Tout ceci n’a que du positif. Il en est de même pour les politiques, nombreux à entrer dans l’arène, les uns promettant l’apocalypse, d’autres le paradis, pour ne se révéler que de simples plaisantins en quête de strapontins.

L’émotion inspire le poète dit l’adage. En témoigne, la floraison de la production littéraire au cours de cette année souvent inspirée du vécu. Les auteurs, comme les journalistes sont des témoins de l’histoire. Ce qu’ils écrivent est une brève histoire dont il faut savoir tirer les leçons.

Même si 2017 sera difficile, le gouvernement doit tirer les conséquences de mauvais choix et s’ajuster. Le Tchad n’attend que çà. Bonne et heureuse année.

 La Rédaction