Une déclaration inédite du Vatican
Le pape Léon XIV a franchi un cap historique. Dans son encyclique Magnifica Humanitas, publiée ce lundi 25 mai, il demande « sincèrement pardon » pour le rôle joué par le Vatican dans l’histoire de l’esclavage.
Le texte reconnaît que le Saint-Siège a contribué, au fil des siècles, à la « réglementation » et à la « légitimation » de la réduction en esclavage des peuples colonisés. Une formulation sans précédent dans l’histoire récente de l’Église catholique.
Une rupture avec les positions des précédents papes
Jusqu’à présent, les papes avaient condamné l’esclavage sans engager explicitement la responsabilité institutionnelle de l’Église.
En 1992, Jean-Paul II avait évoqué la « tragédie » de l’esclavage lors de sa visite à Maison des Esclaves. Par la suite, Benoît XVI puis François avaient dénoncé cette pratique, tout en évitant de reconnaître un rôle direct du Vatican dans sa légitimation historique.
Avec Léon XIV, cette distinction semble désormais abandonnée.
Le contexte du débat sur le Code Noir en France
Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement symbolique. Quelques jours auparavant, la commission des lois de l’Assemblée nationale française adoptait à l’unanimité l’abrogation du Code Noir.
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Promulgué en 1685, ce texte encadrait juridiquement l’esclavage dans les colonies françaises. Bien que l’esclavage ait été aboli en 1848, le Code Noir n’avait jamais été formellement supprimé du droit français. Le vote définitif en séance publique est attendu le 28 mai.
Une mémoire devenue enjeu politique
À Rome comme à Paris, les institutions historiques sont aujourd’hui confrontées à une même exigence : reconnaître publiquement leur rapport à l’esclavage et à la colonisation.
Longtemps cantonnée au champ mémoriel, cette question prend désormais une dimension politique et institutionnelle assumée.
NC
