Politique

Tchad : la communauté du Mandoul salue la nomination d’Alladoum Désiré Nandognar

Tchad : la communauté du Mandoul salue la nomination d’Alladoum Désiré Nandognar 1

Une cérémonie d’hommage et de reconnaissance en l’honneur de Alladoum Désiré Nandognar, ministre secrétaire d’État chargé du pétrole, des mines et de la géologie, s’est tenue le samedi 15 août 2026, à sa résidence, à la suite de sa nomination à la tête de ce département ministériel.

Placée sous le signe de la reconnaissance et de la fierté, la cérémonie a réuni plusieurs personnalités et représentants de la communauté, parmi lesquels des autorités traditionnelles, des responsables politiques, des représentants des médias, des leaders communautaires, des amis, des proches ainsi que des militants et sympathisants.

La cérémonie a débuté dans une ambiance festive, rythmée par les tambours et les danses traditionnelles. Tour à tour, membres de la famille, amis et alliés ont pris la parole pour exprimer leur gratitude au gouvernement pour la confiance accordée à l’un des leurs.

Prenant la parole au nom des autorités traditionnelles, Moulbé Ibrahim, chef de canton de Bebo-Pen, a formulé des vœux de réussite et de bénédiction pour le ministre : « En tant que gardiens des traditions et des valeurs ancestrales, nous implorons aujourd’hui la bénédiction de Dieu et de nos ancêtres afin qu’ils accompagnent notre fils dans l’accomplissement de ses nouvelles fonctions. »

Le chef de canton a également souhaité que cette nomination contribue au rayonnement du département du Mandoul occidental et de toute la province du Mandoul. Il a appelé le ministre à exercer ses responsabilités avec « dévouement, responsabilité et patriotisme », afin que son parcours constitue une source d’inspiration pour la jeunesse.

De son côté, Wagal Babol, chef de canton de Korbol et ami du ministre, s’est dit satisfait de cette nomination, mettant en avant les qualités professionnelles et humaines de Alladoum Désiré Nandognar.

Selon lui, le parcours du ministre dans le secteur pétrolier constitue un atout pour ses nouvelles responsabilités : « C’est quelqu’un que je connais depuis longtemps. On a travaillé ensemble et il a démontré ses qualités professionnelles. Il a également une grande qualité humaine. »

Il a notamment rappelé les différentes étapes de la carrière du nouveau ministre, notamment son expérience dans le forage, l’ingénierie, les opérations ainsi que dans le transport du brut tchadien jusqu’à Kribi, au Cameroun.

Pour le chef de canton, cette expérience diversifiée permet à Alladoum Désiré Nandognar de disposer des compétences nécessaires pour contribuer efficacement au développement du secteur pétrolier et, plus largement, au service de la nation.

À l’issue de ces interventions, un couteau de jet, objet symbolique remis conformément à la tradition, a été offert au ministre.

La cérémonie s’est poursuivie avec le message des enfants du ministre, lu par leur mère, Me Nomaye Clarisse, épouse du ministre secrétaire d’État chargé du pétrole, des mines et de la géologie.

Dans un témoignage empreint d’affection et d’humour, les enfants ont salué le parcours de leur père ainsi que ses qualités humaines : « À la maison, tu n’as jamais joué au grand homme. Tu es resté le même, disponible, exigeant aussi. Chez nous même, les appels en famille finissaient par devenir des réunions de travail avec ordre du jour et points sur les budgets. »

Un témoignage familial qui, au-delà de la fonction officielle, a mis en lumière la personnalité de l’homme derrière le responsable public.

Dans son propre message, Me Nomaye Clarisse a également invité la jeunesse à s’inspirer de l’expérience des aînés et à suivre leurs pas afin de contribuer à leur tour au développement du pays.

Le Conseiller spécial du gouvernement, Dr Djimal Yakayamo Enoch, a pour sa part salué la présence des chefs traditionnels à cette cérémonie. Selon lui, leur participation témoigne de la confiance placée dans leur fils par les plus hautes autorités du pays : « Vous avez bien fait de prendre en témoin nos leaders d’opinion que sont nos chefs traditionnels, autrement dit les chefs de canton. Cet événement est l’occasion de leur faire savoir clairement que le chef de l’État compte sur leur fils. »

Il a par ailleurs appelé la communauté à accompagner le ministre dans l’accomplissement de sa mission, estimant que la réussite de son action nécessite une mobilisation collective.

Prenant la parole à son tour, M. Alladoum Désiré Nandognar, Ministre Secrétaire d’État chargé du Pétrole, des Mines et de la Géologie, a exprimé sa profonde reconnaissance au Président de la République pour la confiance placée en lui, ainsi qu’à sa communauté, sa famille et à l’ensemble des personnes ayant contribué à l’organisation de cette cérémonie : « Je remercie très sincèrement la délégation de la province du Mandoul, les membres de ma famille, nos autorités locales, nos aînés, nos jeunes, nos femmes, ainsi que toutes celles et ceux qui ont contribué à l’organisation de cette cérémonie », a-t-il déclaré.

S’adressant au Chef de l’État, il a ajouté : « Je voudrais témoigner ma très haute reconnaissance à Son Excellence le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République, Chef de l’État, pour la confiance placée à ma modeste personne. Excellence, Monsieur le Président de la République, je vous serai éternellement gré de cette marque de confiance. »

Évoquant ensuite les missions qui l’attendent à la tête du département, le ministre a identifié plusieurs défis majeurs, à commencer par l’augmentation de la production pétrolière : « Donc, d’abord dans le secteur du pétrole, le défi en ce moment, c’est vraiment d’arriver à augmenter la production », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, le gouvernement entend à la fois accompagner les opérateurs déjà présents et attirer de nouveaux investisseurs. « Nous devons travailler plutôt à attirer d’autres investisseurs, des gens qui puissent venir investir davantage pour vraiment augmenter la production », a indiqué le ministre.

Cette ambition s’inscrit, selon lui, dans les objectifs fixés par le PND « Tchad Connexion 2030 ». « Nous avons établi un seuil à 250 000 barils par jour. On est aujourd’hui à environ 150 000 barils par jour, donc il y a un manque de 100 000 barils par jour », a-t-il relevé.

Le ministre a évoqué le rôle de la Société nationale d’exploitation minière dans l’encadrement de l’orpaillage, aujourd’hui pratiqué de manière traditionnelle, semi-mécanisée ou semi-industrielle. Pour lui, cette étape doit être dépassée afin de permettre au pays de mieux valoriser ses ressources : « Pour vraiment bénéficier de nos ressources, il faudra investir davantage pour identifier vraiment les zones à exploiter à grande échelle », a-t-il expliqué. Il a également insisté sur la nécessité « d’amener les équipements nécessaires et, au mieux même, avoir des raffineries pour raffiner d’abord avant d’envoyer le produit à l’extérieur ».

Une telle démarche permettrait, selon lui, de renforcer la valeur ajoutée créée au niveau national : « Puisque ça a une valeur ajoutée qui est très, très importante », a-t-il souligné.

Au-delà de l’exploitation des ressources, la formation des compétences nationales constitue également un enjeu important pour le ministre : « L’autre domaine que je peux citer, c’est peut-être la formation, qui est pour moi un domaine très, très important », a-t-il affirmé.

Il estime notamment que les inspecteurs et les ingénieurs doivent bénéficier d’une formation adaptée afin de permettre à l’État de mieux maîtriser ses ressources : « Les inspecteurs, les ingénieurs que nous avons doivent être formés pour vraiment mieux maîtriser les ressources de l’État, surtout les ressources pétrolières et minières », a-t-il insisté.

Pour le ministre, le renforcement des compétences est indispensable au suivi des activités des compagnies et au contrôle des engagements contractuels. « Cela demande un peu de temps et beaucoup d’investissement. Nous y travaillons également pour nous assurer qu’on a les meilleures compétences pour justement faire des inspections dans les sites », a-t-il expliqué.

Il a enfin insisté sur le contrôle de l’application des contrats conclus entre l’État et les sociétés opératrices. « Il faut vraiment s’assurer que les contrats de partage de production que nous avons avec les différentes sociétés soient appliqués et, s’il y a des manquements, le ministère doit réagir », a conclu Alladoum Désiré Nandognar.

Cette intervention a ainsi permis au nouveau Ministre Secrétaire d’État de présenter les grandes lignes de son action, articulées autour de l’augmentation de la production pétrolière, l’industrialisation du secteur minier et le renforcement des compétences nationales.

Rahila Biassou Til-ndecka