Après près de vingt ans d’absence, le producteur et promoteur culturel Fabrizio Colombo, père fondateur de Radio Lotiko et du Service Audiovisuel pour l’Éducation (SAVE), a retrouvé les artistes et acteurs culturels de Sarh lors d’une rencontre tenue au domicile du promoteur culturel Ouya Takéné.
Cette rencontre, qui a réuni plusieurs anciens artistes et promoteurs culturels de la ville, a été marquée par des échanges sur l’avenir de la culture dans le Moyen-Chari, la sauvegarde du patrimoine artistique et les perspectives de relance des infrastructures culturelles.
Dans son mot de bienvenue, Djimasra Doumkodji Emmanuel a salué le retour de Fabrizio Colombo, ancien conseiller de la Coordination des artistes du Moyen-Chari. Il a rappelé le rôle majeur qu’il a joué dans le développement des activités artistiques à Sarh et a plaidé pour la réhabilitation des anciens espaces de création, notamment le studio d’enregistrement et l’atelier de graphisme mis en place dans le cadre du projet PMR.
Prenant la parole, Roïngar Djindo Danta, président de la Coordination des artistes du Moyen-Chari, est revenu sur l’histoire des bâtiments construits grâce au projet PMR financé par l’Union européenne. Il a également soulevé des interrogations concernant l’utilisation du cachet de la Coordination sur des documents officiels relatifs à ces infrastructures, une situation survenue après le départ de Fabrizio Colombo de Sarh en 2006.
Très ému, Fabrizio Colombo a rappelé que « un peuple sans art est un peuple sans âme ». Il a insisté sur la nécessité de préserver les traditions, les danses, les chants et l’ensemble du patrimoine culturel afin de transmettre cet héritage aux générations futures. Il a également déploré la disparition de nombreuses archives artistiques et audiovisuelles, qualifiant cette perte de véritable drame pour la mémoire culturelle de la région.
L’ancien responsable du SAVE a toutefois affiché son optimisme en annonçant un projet de modernisation des médias catholiques, comprenant notamment la création de deux studios d’excellence, dont un studio d’enregistrement musical destiné à redonner à Sarh sa place de référence dans la production artistique nationale. Il a appelé les artistes à s’organiser autour de projets réalistes afin de bénéficier de futurs partenariats.
Au cours des échanges, plusieurs intervenants ont également insisté sur la nécessité de renforcer l’organisation des artistes et de mettre en place une structure crédible capable de défendre leurs intérêts et de porter des projets de développement culturel.
Cette rencontre marque ainsi le retour d’une figure emblématique de la vie culturelle sarhoise et nourrit l’espoir d’une nouvelle dynamique en faveur de la promotion des arts, de la préservation du patrimoine culturel et de la professionnalisation des acteurs culturels du Moyen-Chari.
Amadjibeye Prosper


