Economie

Sahel : Le Groupe de la Banque mondiale lance un plan massif pour l’emploi et la résilience au Burkina, Mali, Niger et Tchad

Sahel : Le Groupe de la Banque mondiale lance un plan massif pour l'emploi et la résilience au Burkina, Mali, Niger et Tchad 1

Le Groupe de la Banque mondiale a officialisé ses nouveaux Cadres de partenariat pays (CPF) pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Ce plan quinquennal vise à transformer en profondeur l’économie de la région en misant sur l’emploi des jeunes et des femmes.

C’est un tournant stratégique pour le Sahel central. En lançant ses nouveaux cadres de partenariat pour la période 2026-2031, la Banque mondiale affiche une ambition claire : stimuler la création d’emplois de qualité en renforçant le capital humain, les infrastructures et la productivité agricole. Fondée sur une approche flexible, cette stratégie s’adapte aux contextes de fragilité et de conflits (FCV) propres à chaque nation tout en misant sur les opportunités transfrontalières.

L’innovation majeure de ce partenariat réside dans l’approche intégrée d’« Un seul Groupe de la Banque mondiale ». En mobilisant les forces de l’Association internationale de développement (IDA), de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), l’institution entend démultiplier l’impact de ses interventions.

L’objectif est d’élargir massivement l’accès au financement pour les micros, petites et moyennes entreprises (MPME). Pour Clara de Sousa, directrice de division du Groupe de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad,  l’humain reste la priorité. » Les CPF placeront les populations au cœur de l’action. Ils soutiendront les leviers de croissance essentiels, comme la santé universelle, l’accès à l’électricité via la « Mission 300 » et l’agriculture avec « Agriconnect » », explique-t-elle.

Les nouveaux CPF sont étroitement alignés sur les priorités nationales de développement des pays du Sahel central : le Programme de refondation de la République (PRR) du Niger, le Plan national de développement Tchad Connexion 2030, la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024‑2033) du Mali, ainsi que le Plan national de développement (PND) 2026‑2030 – RELANCE du Burkina Faso. Ces cadres stratégiques mettent l’accent sur le renforcement de la gouvernance, la diversification économique et l’accélération d’une croissance inclusive et résiliente portée par le secteur privé. Axés sur les résultats, les CPF visent à traiter les causes profondes de la fragilité, des conflits et de la violence, notamment en améliorant l’accès aux services sociaux essentiels et en favorisant de meilleures opportunités économiques, avec une attention particulière aux populations vulnérables, y compris les réfugiés et les personnes déplacées internes.

Le développement économique ne pourra se faire sans un secteur privé fort et innovant. Olivier Buyoya, directeur de division d’IFC pour l’Afrique de l’Ouest, insiste sur l’importance d’un écosystème dynamique de PME, soutenu par des réformes incitatives dans l’énergie et l’agro-industrie : « C’est essentiel pour convertir le potentiel de la région en progrès socio-économiques tangibles. »

Enfin, pour sécuriser ces flux financiers dans un contexte d’insécurité et d’enclavement, la MIGA jouera un rôle de bouclier. En s’appuyant sur la plateforme de garanties du Groupe, elle compte « soutenir durablement les flux d’investissement au bénéfice des entreprises MPME », a annoncé Muhamet Bamba Fall, directeur Industries à la MIGA.