Le Ministère des Finances et l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) ont organisé, ce mardi 7 avril à N’Djamena, un atelier de partage des résultats statistiques pour les années 2024 et 2025. Cette rencontre marque un tournant dans la modernisation de l’outil de pilotage économique du pays.
Gouverner, c’est prévoir ; mais pour prévoir, il faut mesurer. C’est tout l’enjeu de cet atelier qui a réuni décideurs publics, partenaires techniques et financiers, et secteur privé autour des nouveaux agrégats économiques, élaborés selon les normes internationales du Système de comptabilité nationale 2008 (SCN 2008).
Présent à la cérémonie, Nooman Rebei, Représentant résident du Fonds Monétaire International (FMI) au Tchad, a salué la mutation profonde de l’appareil statistique national. Pour lui, la qualité du dialogue entre son institution et l’INSEED est devenue un modèle du genre. « Notre partenariat se distingue par des échanges réguliers, approfondis et constructifs, qui permettent d’améliorer en continu la compréhension de la conjoncture économique et des dynamiques structurelles du pays », a-t-il déclaré. Il a notamment qualifié la publication régulière du PIB trimestriel et de l’indice mensuel de la production industrielle de « changement majeur », offrant une réactivité inédite dans l’analyse de l’activité économique réelle.
De son côté, la Banque mondiale, représentée par Boubacar Sidiki Walbani, a réitéré son engagement financier et technique. À travers le Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest (PHASAO), doté d’une enveloppe de 105 millions de dollars, l’institution place la donnée au cœur de la lutte contre la pauvreté. « Les statistiques sont un atout majeur et une ressource stratégique indispensable à la transformation économique. Elles permettent de mesurer les progrès accomplis et de prendre des décisions fondées sur des données probantes », a souligné Walbani. Tout en félicitant le passage du Tchad au SCN 2008, il a toutefois rappelé les défis persistants, notamment l’urgence de mettre à jour les normes et de faciliter l’accès aux données sociales de base via les portails numériques.
Prenant la parole au nom du Ministre d’État, Bidjeré Bindjaki, Secrétaire Général du Ministère des Finances, du Budget et de l’Économie, a rappelé l’importance de cet atelier. Pour lui, le travail abattu par l’INSEED constitue le socle même de la souveraineté nationale. « Un pays ne se développe pas à l’aveugle. Gouverner, c’est d’abord connaître ses forces et ses fragilités », a-t-il affirmé . Le Secrétaire Général du Ministère des Finances a insisté sur le fait que ces chiffres dévoilés par l’INSEED, ne sont pas de simples colonnes comptables, mais le fondement des réformes de l’État inscrites dans la vision « Tchad Connexion 2030 ».
L’atelier a également été l’occasion de souligner l’importance du recensement général de la population actuellement en cours. Cette synergie entre l’État et ses partenaires reste, selon les experts présents, l’unique gage de crédibilité pour l’élaboration de futures politiques publiques inclusives et efficaces.


