Le secrétaire général du Syndicat des enseignants du Tchad (Set) section de N’Djamena, Abdelkader Djibia a fait un point de presse ce mardi 24 février 2026 pour « lever toute ambiguïté » sur la situation de la grève des enseignants qui prévaut actuellement.
Abdelkader Djibia rappelle que le mouvement de grève déclenché depuis quelques jours a suivi une procédure normale, « il a été précédé par deux préavis de grève dûment notifiés au gouvernement ». Il dénonce la suspension de salaires des grévistes. « Vous êtes sans savoir que le Ministre de l’Education Nationale et de la Promotion Civique et son collègue de la Fonction Publique se sont lancés dans une campagne d’intimidation en suspendant les salaires des enseignants et enseignantes de N’Djamena pour le mois de février. Ce subterfuge du gouvernement vise à masquer son incapacité à répondre à un seul point des revendications des enseignants. Il est clairement établi que le gouvernement a choisi la voie de l’affrontement. Nous sommes donc surpris et déçus par les actes posés par ces deux ministres qui, en dehors de toute logique, ont refusé de payer enseignants grévistes », déplore Abdelkader Djibia. Il rappelle également que la grève est un droit consacré par loi fondamentale du Tchad. « Nul ne peut s’ériger au-dessus de la constitution pour intimider les enseignants qui ne réclament que l’amélioration de leurs conditions d’existence et de la restauration de leur dignité », ajoute-t-il.
Le secrétaire général du Syndicat des enseignants du Tchad (Set) section de N’Djamena, Abdelkader Djibia, précise que le mouvement de grève enclenché depuis 2025 avec les préavis de grève et qui suit son cours logique jusqu’ici, reste et restera strictement apolitique. « Les revendications des enseignants sont d’ordre social et professionnel. Vouloir donner une étiquette et une interprétation politiques à cette grève pour justifier les sanctions salariales est une manœuvre de diversion que nous dénonçons avec fermeté et déplorons en même temps l’irresponsabilité du gouvernement à anticiper sur les crises », dénonce-t-il. « Les enseignants ne sont pas motivés par des intérêts politiques, mais par la volonté de défendre leurs droits et d’améliorer leurs conditions de travail. Ils ne luttent que pour leur survie. L’enseignant tchadien n’a pas d’autres ambitions que le respect de ses droits afin de remplir ses devoirs », précise Abdelkader Djibia.
Répondant au ministre de la fonction publique qui avait affirmé « qu’en dehors du conseil tripartite, aucune négociation ne peut se faire », Le secrétaire général du Syndicat des enseignants du Tchad (Set) section de N’Djamena, Abdelkader Djibia estime que cela démontre à suffisance le manque de sincérité des membres du gouvernement dans les négociations et cela porte atteinte à la crédibilité de la parole publique. « Le statut particulier des enseignants ne saurait être l’otage d’un pacte quinquennal dont les contours restent jusqu’à cela incertains. Nul n’est besoin de le dire, le décret 2850 devrait entrer automatiquement en vigueur dès la date de sa signature, si on s’en tient à la dernière disposition de cet acte », relève le Sg Abdelkader Djibia. « Nous sommes à un moment crucial de notre lutte pour nos droits et nos conditions de travail. La grève que la section provinciale de N’Djamena et quelques provinces dans le Tchad profond mènent est la seule occasion de nous unir et de faire entendre notre voix. Les retombées de cette lutte ne profiteront pas qu’aux enseignants grévistes mais à tous les enseignants sans exception ».


