Politique

Accusations devant la CPI : le Tchad dénonce une « manœuvre de diversion » du régime soudanais

Accusations devant la CPI : le Tchad dénonce une « manœuvre de diversion » du régime soudanais 1

Dans un communiqué officiel publié ce vendredi 19 décembre 2025, le ministère tchadien des Affaires étrangères a vigoureusement rejeté les accusations portées contre le Tchad devant la Cour pénale internationale (CPI) par l’ONG soudanaise “Priority Peace Sudan”. Les autorités dénoncent une « manœuvre de diversion » orchestrée par le régime de Khartoum.

La diplomatie tchadienne a exprimé sa « vive indignation » face à des allégations qu’elle qualifie de « totalement infondés », émanant d’une organisation créée en novembre 2025. Selon N’Djamena, cette organisation cherche à impliquer abusivement le Tchad dans la guerre opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR).

Le gouvernement tchadien rejette « en bloc et avec la plus grande fermeté » ces accusations qu’il juge « grotesques et politiquement motivées ». Depuis le déclenchement des hostilités, le Tchad affirme maintenir une position de « stricte neutralité », conforme au droit international. Le communiqué rappelle que le pays n’a cessé de plaider pour un cessez-le-feu immédiat et une solution politique inclusive. «  À aucun moment, le Tchad n’a pris part, de quelque manière que ce soit, à ce conflit », souligne le communiqué .

Les autorités rappellent par ailleurs que les FSR ont été « notoirement créées, armées et instrumentalisées » par le régime soudanais lui-même, ce qui rend, selon elles, « les accusations actuelles contre N’Djamena profondément contradictoires ».

Le Tchad se présente plutôt comme l’une des principales victimes collatérales de la guerre, soulignant l’accueil de plus de 1,5 million de réfugiés soudanais depuis 2023, au prix d’un « lourd fardeau humanitaire et économique », souvent, selon le communiqué, « dans l’indifférence de la communauté internationale ».

Pour la diplomatie tchadienne, le recours à la CPI par l’ONG “Priority Peace Sudan” n’est qu’une « fuite en avant d’un régime aux abois », responsable de l’effondrement de l’État soudanais et de graves violations des droits humains.

En dénonçant cette tentative de manipulation qualifiée de « sensationnelle », le gouvernement tchadien entend rassurer l’opinion publique nationale et internationale sur sa probité. Il réitère sa condamnation de toutes les exactions commises dans le conflit et réaffirme sa volonté de préserver sa crédibilité sur la scène internationale.