Santé

La saison des pluies et les maladies qui menacent la santé des populations

La saison des pluies et les maladies qui menacent la santé des populations 1

Le Tchad est en pleine saison pluvieuse depuis plusieurs semaines avec son corollaire d’inondations, d’éboulements et d’écroulements. Il faut également souligner que les populations sont sous la menace de diverses maladies liées à cette période. Focus sur ces pathologies dont on doit se méfier.

Si le paludisme n’a pas attendue la saison des pluies pour semer la terreur dans les ménages, le retour de dame pluie, se révèle encore plus inquiétante avec les nombreuses maladies qu’elle entraîne. Il s’agit des épidémies comme la dysenterie, le choléra, la conjonctivite, la grippe, la pneumonie… Elles sont toutes causées par des eaux souillées qui ruissellent le long de nos quartiers, et l’arrivée des pluies pourrait favoriser leur propagation. « La saison des pluies est une saison que nous autres parents nous redoutons le plus . parce qu’on se retrouve souvent avec des enfants malades, avec toutes cette saleté que l’eau des pluies laisse derrière elle. C’est pourquoi je préfère ne plus laisser mes enfants s’amuser dehors comme avant, je ne voudrais pas qu’ils tombent malade », explique Blandine habitant le quartier Farcha.

Dans les hôpitaux et centres de santé visités, on enregistre de nombreux cas de paludisme, fièvre typhoïde mais aussi des grippes qui se multiplient. Aux dires de Samuel l’un des infirmiers du service de médecine de l’hôpital général la référence, « beaucoup de cas de paludisme, de toux, rhume et de bronchite ont été enregistrés et ce n’est pas près de s’arrêter ».

A l’hôpital général en question, la saison des pluies ne draine pas que des malades classiques. « Il y a beaucoup de cas de noyades, des accidents de glissements du sol et diverses autres catastrophes. C’est d’ailleurs ces cas qui inquiètent le plus », ajoute Samuel.

Si aucun cas de maladie hydrique n’a été déclaré par les autorités, il faut quand même savoir qu’elles sont présentes et n’attendent que des victimes. De nombreuses personnes sont tentées de boire l’eau de pluie ou de l’utiliser pour faire le ménage notamment la vaisselle ou laver les aliments. Cela augmente les risques de contracter ces maladies hydriques. « Quand il pleut, c’est une grande opportunité pour nous. On recueille l’eau dans les bassines et nous l’utilisons à la place de l’eau de pompe. C’est plus facile et cela nous fait gagner du temps pour vaquer à d’autres occupations », explique Mingué ménagère au quartier Walia

Pour le coordonnateur du programme national de lutte contre le Paludisme Dr Mahamat Saleh Issakha Diar la saison des pluies augmente les risques de maladies hydriques comme le choléra, la dysenterie, le tétanos, la conjonctivite, la dermatose. « En fait, les populations se soucient plus du paludisme que de ces autres pathologies qui sont tous aussi dangereuses. Les pratiques de récupération et d’utilisation de l’eau de pluie pour des usages domestiques et consommation, n’est pas sans conséquence. aussi claire qu’elle soit, l’eau de pluie est une eau non potable. La population ne doit pas la consommer sans aucun traitement préalable. Car elle présente une contamination chimique, après ruissellement sur le toit et également une contamination bactérienne ou parasitaire, si elle est stockée dans un récipient », Prévient -il.

Du côté du centre de santé de Toukra, plusieurs personnes sont mises en observation, du fait de la fièvre typhoïde et de la dysenterie amibienne. « La plupart des patients viennent des quartiers environnants, insalubres en général. Certains consomment l’eau de pluie particulièrement souillés. Les points d’eau sont généralement construits hors normes et communiquent avec les rares fosses septiques qui existent. Il est bien vrai que ces problèmes se posent tout au long de l’année, mais la pluie est un facteur favorisant » explique l’infirmier en chef dudit centre.

Dans presque tous ces centres hospitaliers, les responsables regrettent l’inactivité des services mobiles de sensibilisation et de déparasitage qui peuvent contribuer énormément à prévenir les maladies liés à la saison pluvieuse. Selon le Dr Saleh Issakha Diar, tout le monde est interpellé par les problèmes que posent les pluies. « A chacun d’assainir son environnement, comme il le peut ».

F. Kedaï Edith