Politique

Les magistrats dénoncent une campagne de dénigrement du gouvernement

Les magistrats dénoncent une campagne de dénigrement du gouvernement 1

Les deux centrales syndicales des magistrats tchadiens ont dénoncé les accusations « éhontées et erronées » du ministre de la sécurité publique sur la libération des 68 personnes, détenues sans jugement pendant plusieurs mois à la prison de haute sécurité à Korotoro.

Très souvent pointés du doigt par le gouvernement, les magistrats sont sortis du silence pour dénoncer une campagne de dénigrement sans fondement. « Les Magistrats font l’objet de lynchage médiatique (…) Ce complot qui consiste à créer un sentiment de haine et de confusion d’image abjecte, pernicieuse et scabreuse de la justice chez nos concitoyens est à la limite inacceptable et ne peut mériter que rejet sur toutes ses formes », dénonce le secrétaire général du syndicat des magistrats du Tchad Djonga Arrafi.

Pour lui, cette campagne ne peut donc contribuer à l’éclosion de la justice, socle de l’Etat de droit. « Le comble vient d’être atteint par la sortie médiatique au demeurant maladroite du ministre de la sécurité publique et de l’immigration attribuant la cause de l’insécurité dans nos villes sinon à une défaillance du moins au dysfonctionnement de l’appareil judiciaire », ajoute-t-il.

Le week-end dernier, le ministre de la sécurité publique et de l’immigration Idriss Dokony Adiker s’est indigné de la « mise en liberté 68 malfrats » qui selon lui sont à l’origine de l’insécurité ces derniers temps. Des individus en réalité enfermés sans jugement. Le vice-président du syndicat des magistrats du Tchad lui répond qu’on ne peut pas condamné une personne sans aucune preuve.

A la réponse qui ministre de l’intérieur qui assure que le pays a connu une accalmie après l’arrestation de ces individus. « Nous savons que lorsqu’il faut parler de l’insécurité, de l’impunité et de libération illégales, il ne faut pas non plus occuper les as d’attaques quotidiennes des personnes et de leurs biens, d’incendie crapuleux des maisons des concitoyens et de destruction de leurs biens au su et au vu des hautes autorités de sécurité mais qui sont malheureusement restés impunies. Les auteurs de ces actes n’ont jamais été inquiétés », ajoute Abdoulaye Bono Kono.

Plus de 7 à Korotoro ans sans jugement 

D’après Hassan Yacoup, chargé de de relations sociales, économiques et culturelles, de nombreuses sont détenues à la prison de haute sécurité à Korotoro sans être présentées à un juge. « Il y a des gens qui ont passé 7 ans sans aucun jugement », a-t-il témoigné.