Politique

Marche acte 3: le grand rassemblement de Gassi rapidement dispersé

Marche acte 3: le grand rassemblement de Gassi rapidement dispersé 1

De nombreuses personnes ont marché dans plusieurs quartiers de N’Djaména, ce samedi 20 février 2021 pour réclamer la justice, l’inclusion et l’alternance. La police antiémeute a fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser le grand rassemblement à Gassi, dans le 7eme arrondissement.

A l’initiative des défenseurs des droits humains, des leaders des organisations de la société civile et politiques, des marches sporadiques sont organisées dans plusieurs quartiers de N’Djaména. Dans les rangs des marcheurs, il y a outre des militants des partis politiques, des diplômés sans emploi et des élèves. C’est le sentiment d’abandon et d’exclusion qui domine. « Comment comprendre que plus de 10 après une formation professionnelle, tu ne sois pas intégrée. Pendant ce temps, certains condisciples sont intégrés en raison de leur appartenance. Nous sommes fatigués », fustige Guillaume, un diplômé sans emploi.

 » Des gens ne font que nous mentir. Ça doit changer et l’heure a sonné. Si ce n’est pas maintenant, ça sera quand ? « , Complète Roger, étudiant en géographie.
Le vice-président des Transformateurs Dr Sitak Yombatinan Béni dénonce lui l’incohérence des textes la République. « Sur l’ensemble du territoire et même dans la diaspora, les gens sont fatigués. Les élections en cours se préparent dans des conditions rocambolesques. La charte africaine dit clairement qu’à 35 ans, les jeunes doivent participer à toutes les élections. La constitution dit 40 ans, le code électoral dit 45 ans et l’âge majoritaire est 18 ans. Nous sommes dans une République bananière », déplore-t-il.
Selon le rappeur Ray’s Kim, toutes les conditions sont réunies pour contester ce régime. « Toutes les raisons nous ont été offertes pour que nous nous levions pour dire à nos gouvernants que s’en est de trop. Nous voudrions qu’ils comprennent que nous avons des droits. Si nous demandons aujourd’hui la justice et l’inclusion, c’est qu’il y a la mal gouvernance. Et s’il y a mal gouvernance, il faut de l’alternance », complète le rappeur en marge de la marche.
Mais le grand rassemblement des marcheurs à Gassi a été dispersé par les forces de l’ordre. Contraints et étouffés, certains marcheurs qui n’ont pas pu exprimer leur mécontentement ont brulé des pneus de manière sporadique dans plusieurs quartiers.

Aussi bien à Walia, Chagoua, Moursal, Abéna et bien d’autres quartiers de capitale, les mouvements de marche ont été signalés mais très souvent dispersés par la police antiémeute.

Stanyslas Asnan