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L’UJT et la Fondation Hirondelle réfléchissent à des solutions durables contre l’insécurité alimentaire

L’UJT et la Fondation Hirondelle réfléchissent à des solutions durables contre l’insécurité alimentaire 1

L’Union des journalistes tchadiens (UJT), en partenariat avec la Fondation Hirondelle, a organisé, ce mardi 6 octobre 2026, une conférence-débat sur le thème : « Déficit céréalier : quelles solutions durables pour éviter l’insécurité alimentaire ? »

Cette rencontre a réuni des experts, des journalistes spécialisés et des agronomes autour de la problématique du déficit céréalier au Tchad. L’objectif était d’identifier les causes, tant structurelles que conjoncturelles, de cette situation et de dégager des pistes de solutions durables, dans un contexte où le pays dispose de plus de 39 millions d’hectares de terres cultivables.

Les trois panélistes, notamment Nassingar Rimtobaye, expert en ressources naturelles, Mapouki Manemon, technicien agronome, et Maître Emmanuel Jaunchite, spécialiste en radio rurale et expert en culture et développement, ont tour à tour apporté leurs éclairages aux différentes questions soulevées par la modératrice.

Abordant les causes du déficit alimentaire au Tchad, les intervenants ont notamment évoqué la désertification, la faible pluviométrie, les difficultés liées à la production agricole ainsi que les effets du changement climatique, considéré comme l’une des causes profondes de cette situation.

Sur la situation des prix des denrées alimentaires dans les provinces et la capacité des ménages tchadiens à faire face à cette conjoncture, les intervenants ont souligné les importantes pertes enregistrées dans plusieurs zones agricoles en raison des épisodes de sécheresse.

Selon eux, certaines cultures, notamment le sorgho, présentent actuellement des résultats encourageants. En revanche, le maïs et l’arachide ont été fortement affectés, particulièrement au moment de la formation des gousses. La production rizicole a également connu des difficultés liées à l’insuffisance des pluies, même si les dernières précipitations ont permis une amélioration dans certaines zones.

Les participants ont également relevé les difficultés auxquelles font face les petits producteurs. L’agriculture tchadienne reste essentiellement une agriculture de subsistance, tandis que certaines pratiques agricoles, comme l’apport de matières organiques aux sols, tendent à être délaissées au profit de l’utilisation des pesticides. Cette situation contribuerait, selon les intervenants, à la baisse des rendements agricoles.

Le déficit d’accompagnement des producteurs par les services de vulgarisation agricole a également été pointé du doigt. Ces services, estiment-ils, devraient être davantage présents aux côtés des agriculteurs afin de leur fournir des conseils et un accompagnement adaptés aux réalités du terrain.

Pour faire face à ces difficultés, les intervenants ont proposé plusieurs pistes, notamment le développement de la culture dans les zones marécageuses, la rétention des eaux de pluie et la promotion des cultures de contre-saison. Ils ont également insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les agriculteurs dans les décisions qui les concernent, afin de mieux prendre en compte leurs réalités et leurs besoins.

L’appui financier des partenaires figure également parmi les solutions proposées. Il s’agirait notamment de faciliter l’accès au financement pour éviter que les producteurs ne s’endettent, mais aussi d’installer des pompes solaires afin de réduire leur dépendance aux pluies et de renforcer leur résilience face aux aléas climatiques.

Les intervenants appellent enfin à changer le regard porté sur les agriculteurs et à leur donner davantage la parole, afin qu’ils puissent participer pleinement aux décisions et aux politiques visant à renforcer la sécurité alimentaire au Tchad.

Rahila Biassou Til-Ndecka