Sécurité

Bassin du lac Tchad : la MNJTF confrontée à des difficultés de financement

Bassin du lac Tchad : la MNJTF confrontée à des difficultés de financement 1

La Force multinationale mixte (MNJTF), engagée contre Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) dans le bassin du lac Tchad, fait face à d’importantes difficultés de financement et de capacités opérationnelles, rapporte The Guardian Nigeria dans un article publié le 27 septembre 2026.

D’après le média, le Nigeria, qui supporte une part importante de l’effort régional, aurait versé environ 209,08 millions de dollars à la MNJTF entre 2015 et 2021 ( les contributions financières actuelles des autres pays participants restent toutefois difficiles à établir). L’Union européenne, principal partenaire extérieur de la force, a pour sa part fourni 234,4 millions d’euros, notamment pour la logistique, la mobilité, les services médicaux, le renseignement et les équipements. Le Royaume-Uni a également mobilisé 5 millions de livres sterling, tandis que l’Union africaine a apporté 1 million de dollars en mai 2026.

Lors de sa réunion de mai 2026, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) avait relevé des déficits en moyens aériens et amphibies, en équipements de lutte contre les engins explosifs improvisés et les drones, ainsi qu’en équipements de combat et en moyens de communication. L’UA avait également fait état d’importantes insuffisances de financement et appelé à des ressources « prévisibles, flexibles et durables ».

La hausse des incidents sécuritaires dans le bassin du lac Tchad accentue également la pression sur la MNJTF. Selon les données citées par The Guardian Nigeria, ils ont augmenté de 80 % entre janvier 2024 et avril 2026, avec de nouveaux déplacements de populations dans plusieurs pays riverains.

Réactivée en 2015, la MNJTF regroupe le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Bénin. Le Niger a suspendu sa participation au dispositif, une situation que l’UA considère comme une vulnérabilité pour la sécurité régionale.

K.E