La Fondation Borse Yacinthe continue de travailler pour l’employabilité des jeunes du Moyen-Chari. Samedi 24 octobre 2026, au siège de la fondation, quartier Gardolet, dans le 5ᵉarrondissement de Sarh, 65 participants ont reçu leurs attestations au terme de trois jours de formation.
Cette remise s’inscrit dans le programme « Un jeune, une formation », lancé par la fondation. La session s’est tenue du 9 au 11 octobre 2026 et a porté sur seot domaines : l’art oratoire, la protection à base communautaire, la gestion des cas de violences basées sur le genre (VBG), la santé mentale et le soutien psychosocial, la protection de l’enfant en situation d’urgence, la mobilisation communautaire et la redevabilité envers les personnes affectées.
Dans son mot de bienvenue, le président fondateur, Borse Yacinthe, a demandé aux bénéficiaires de mettre en pratique ce qu’ils ont appris. Les attestations ne sont qu’un point de départ, a-t-il insisté, et ne remplacent pas les compétences réellement exercées sur le terrain. « Ces attestations ne sont que des papiers », a-t-il rappelé, avant de les inviter à faire de cette formation un levier pour leur insertion dans la vie active.
Une initiative née d’un engagement envers la jeunesse
Borse Yacinthe est revenu sur ce qui l’a poussé à créer la fondation : son propre parcours scolaire à Sarh, marqué par des difficultés, puis ses études à Abéché. C’est là qu’il dit avoir mesuré l’effet du manque de moyens financiers sur l’avenir de nombreux jeunes. « J’ai commencé mon cursus scolaire ici à Sarh. J’ai traversé des moments difficiles pendant cette période. Après mon baccalauréat, je suis allé poursuivre mes études à Abéché et j’ai constaté que la plupart de mes amis qui n’avaient pas les moyens de continuer leurs études se lançaient dans la consommation de substances psychoactives, le vagabondage sexuel, le vol et la délinquance juvénile », a-t-il expliqué.
Il a aussi évoqué les diplômés sans débouchés. Le manque de postes dans la fonction publique et la capacité limitée du privé à absorber la main-d’œuvre nourrissent le désespoir de beaucoup de jeunes, selon lui. Avec « Un jeune, une formation », la fondation veut contribuer au développement du Tchad en misant sur le renforcement des capacités, la formation professionnelle et l’auto-emploi.
Un appel à l’État et aux partenaires
Créer cette fondation n’a pas été simple. Borse Yacinthe a parlé des découragements et des critiques de ceux qui le trouvaient trop jeune pour consacrer ses ressources à une telle initiative.« J’avais eu assez de découragements avant de mettre sur pied cette fondation. D’aucuns me disaient que j’étais très jeune et que je devais utiliser mes ressources pour construire mon avenir plutôt que de les dépenser pour les autres. Je me suis tourné vers cette nouvelle équipe, qui m’a encouragé et soutenu dans la réalisation de ce rêve, qui n’est que le début », a-t-il confié.
Il a profité de la cérémonie pour lancer un appel à l’État tchadien et aux partenaires techniques et financiers, afin qu’ils accompagnent davantage une initiative qui vise l’autonomisation des jeunes et leur ouverture vers l’auto-emploi.
Les bénéficiaires plaident pour des formations pratiques
Les participants ont remercié la fondation et demandé que le programme continue, avec des formations plus tournées vers la pratique et les métiers porteurs. Ils citent l’électromécanique, la menuiserie en bois et métallique, l’informatique, l’installation de panneaux solaires et la transformation des produits locaux.
Ils réclament aussi des mécanismes d’accompagnement financier, notamment des fonds de roulement, pour que les jeunes formés puissent concrétiser leurs projets et développer des activités génératrices de revenus.
La cérémonie s’est déroulée en présence des parents des bénéficiaires et de plusieurs invités. Les 65 participants viennent de différents quartiers de Sarh, mais aussi de Kyabé et de Korbol, ce qui montre la volonté de la fondation d’agir au-delà du centre urbain.
Le programme « Un jeune, une formation » vise au total 600 personnes dans la province du Moyen-Chari. Cette première vague de 65 bénéficiaires n’est qu’une étape.
Reste la question de l’après-formation. Pour que les compétences acquises se transforment en emplois, il faudra des perspectives concrètes d’insertion professionnelle et un soutien à l’entrepreneuriat.
Amadjibeye Prosper


