Santé

Dengue au Tchad : « chaque eau stagnante est un danger », alerte Djidi Ali Sougoudi

Dengue au Tchad : « chaque eau stagnante est un danger », alerte Djidi Ali Sougoudi 1

Alors que la dengue poursuit sa progression au Tchad, le Dr Djidi Ali Sougoudi, médecin infectiologue au Centre hospitalo-universitaire La Renaissance et enseignant à la Faculté de médecine de N’Djaména, lance un appel solennel à la population : détruire les gîtes larvaires, consulter tôt et éviter les médicaments dangereux.

Selon le spécialiste, le sérotype DENV-2 du virus de la dengue est actuellement en circulation dans le pays. Cette souche s’ajoute à une situation épidémiologique préoccupante : les autorités sanitaires ont annoncé 3 178 cas suspects, 252 cas confirmés et huit décès. La dengue est transmise par la piqûre de la femelle du moustique infecté. Celui-ci pond ses œufs dans les eaux stagnantes, notamment dans les récipients, les canaris, les pneus usés, les bidons et les zones humides mal entretenues.

Le Dr Sougoudi met en garde contre le risque de confusion entre la dengue et d’autres maladies fébriles telles que le paludisme, la grippe, la typhoïde ou le chikungunya. « Pour discriminer ces différentes maladies, il faut recourir aux examens de laboratoire », souligne-t-il. Le diagnostic repose notamment sur la recherche de la protéine NS1, produite dans le sang par le virus de la dengue. La détection du matériel génétique viral peut également être réalisée par RT-PCR au laboratoire national.

La maladie se manifeste le plus souvent par une forte fièvre, de violents maux de tête, des douleurs derrière les yeux, des douleurs abdominales, musculaires et articulaires. Dans les cas graves, des hémorragies peuvent apparaître, de même qu’un choc hypovolémique provoqué par la perte importante d’eau dans l’organisme. Le médecin invite donc toute personne présentant ces symptômes à se rendre rapidement dans une structure sanitaire.

Les enfants en bas âge et les personnes âgées sont particulièrement exposés aux formes sévères de la maladie. Pour faire baisser la fièvre, le Dr Sougoudi recommande le paracétamol. En revanche, il déconseille formellement l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, dont le diclofénac, l’ibuprofène ou le Voltarène. Ces médicaments, selon lui, peuvent favoriser ou aggraver les hémorragies, l’une des complications les plus redoutées de la dengue. L’automédication est donc fortement déconseillée.

Pour l’infectiologue, la lutte contre la dengue commence dans chaque concession, chaque école et chaque quartier. Il recommande d’assécher les zones humides, notamment les terres argileuses arrosées et les espaces humides situés sous les plantes ou les fleurs. La lutte anti larvaire reste, selon lui, la méthode la plus efficace : il faut détruire tous les gîtes où le moustique peut pondre. Les autorités sanitaires ont également appelé la population à renforcer la prévention et à consulter rapidement en cas de symptômes suspects.

Mekila Alain