Politique

Condamnation des responsables du GCAP : l’OMCT et la LTDH saisissent l’ONU

Condamnation des responsables du GCAP : l’OMCT et la LTDH saisissent l’ONU 1

L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH)  ont annoncé, mardi 10 juin 2026, avoir saisi trois procédures spéciales des Nations unies à la suite de la condamnation de huit responsables du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP).Les deux organisations estiment que ces condamnations portent atteinte aux « libertés d’expression, de réunion pacifique» et « au droit à un procès équitable».

Le 8 mai dernier, le Tribunal de grande instance de N’Djamena avait condamné les huit dirigeants à huit ans de prison ferme et à une amende de 500 000 FCFA chacun pour rébellion, mouvement insurrectionnel, attroupement et détention illégale d’armes de guerre.

Selon l’OMCT et la LTDH, les poursuites sont intervenues après l’annonce par le GCAP d’une marche pacifique prévue le 2 mai pour dénoncer les restrictions des libertés publiques et la réduction de l’espace civique.

Les organisations dénoncent également des arrestations arbitraires, menées sans mandat ni convocation préalable, ainsi que des perquisitions jugées irrégulières. « La procédure judiciaire a été entachée de nombreuses irrégularités, notamment l’absence d’assistance effective d’avocats lors des premières auditions et le refus d’accès à l’audience pour la presse et les proches des prévenus», affirment-elles.

Dans leur déclaration, l’OMCT et la LTDH replacent cette affaire dans un contexte plus large de restrictions des libertés au Tchad depuis la réélection du président Mahamat Idriss Déby en 2024. Elles évoquent notamment la condamnation de l’opposant Succès Masra, la déchéance de nationalité du journaliste Makaila Nguebla et plusieurs arrestations attribuées aux services de sécurité.

Les deux organisations demandent aux experts des Nations unies d’intervenir auprès des autorités tchadiennes afin d’obtenir des clarifications sur ces violations présumées et réclament la libération immédiate des huit responsables du GCAP, ainsi que l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les faits dénoncés.