Tournée du PND : promesses en première classe
Depuis le lancement du plan « Tchad Connexion 2030 », Mahamat Idriss Déby Itno enchaîne les déplacements à Abu Dhabi, Nairobi, Alger ou encore Paris pour vendre les ambitions économiques du Tchad. Des milliards sont annoncés, des accords signés, mais peu d’éléments filtrent sur les coûts réels de cette diplomatie intensive.
En 2017 déjà, un précédent plan avait suscité près de 20 milliards de promesses, avec des résultats limités sur le terrain. Dans un pays où plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, la question demeure entière : combien coûte cette tournée permanente, et surtout, que rapportera-t-elle réellement aux Tchadiens ?
Mahamat Idriss Déby s’envole pour La Mecque
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a quitté N’Djaména ce vendredi à destination de Djeddah, première étape avant La Mecque, où il accomplira le Hadj. Cinquième pilier de l’islam, le grand pèlerinage rassemble chaque année plusieurs millions de fidèles du monde entier. À l’aéroport international Hassan Djamous, le chef de l’État a été salué par le Premier ministre Allah-Maye Halina, le chef d’état-major général des armées et plusieurs membres du gouvernement. La cérémonie de départ, sobre et protocolaire, témoigne du caractère officiel du déplacement.
Forum Tchad-France : Paris en septembre pour ne pas rater le G7
Le Forum économique Tchad-France, initialement prévu à du 15 au 17 juin a été reporté au 25 septembre 2026 à Paris. Ce réajustement de calendrier, acté d’un commun accord entre le ministère tchadien des Finances et le MEDEF International, vise à éviter un chevauchement avec le sommet du G7 d’Évian. L’événement s’inscrit dans la relance du partenariat bilatéral initiée en janvier dernier, lors de la visite officielle du président Déby à Paris. Son objectif central reste la mobilisation des investisseurs français autour du plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui cible l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, l’élevage et la santé.
Moyen-Chari : un enfant de trois ans tué lors d’un rituel, père et guérisseur arrêtés
Dans le village de Goro, sous-préfecture de Goro 1, un enfant d’environ trois ans souffrant d’une malformation congénitale depuis sa naissance a été tué lors d’un rituel dit de « délivrance ». Le père, confronté à l’échec des traitements médicaux, avait confié l’enfant à un guérisseur traditionnel qui affirmait pouvoir « métamorphoser » le garçonnet en serpent pour « chasser le mauvais esprit ». Le corps, entièrement calciné, a été découvert le 20 mai dans la brousse par une patrouille de sécurité déployée dans la zone pour un conflit éleveurs-agriculteurs. Le guérisseur et le père ont été interpellés le 22 mai et remis à la gendarmerie. L’affaire relance le débat sur la protection des enfants en situation de handicap et la persistance de pratiques traditionnelles criminelles dans certaines communautés rurales.
Trois commerçantes tchadiennes perdent la vie au Nigeria
Un accident de la route survenu le lundi 18 mai sur l’axe menant à Maiduguri, au Nigeria, a coûté la vie à trois ressortissantes tchadiennes. Deux d’entre elles sont décédées sur le coup ; une troisième a succombé à ses blessures après son évacuation vers un hôpital de Maiduguri. Les autres passagères, également des commerçantes, ont été placées en soins intensifs. Selon une source consulaire basée à Maiduguri, l’excès de vitesse serait à l’origine du drame. Cet accident s’inscrit dans un contexte de mobilité commerciale transfrontalière intense entre le Tchad et le nord-est du Nigeria, un corridor marqué par des routes dégradées et une insécurité persistante.
Sénégal : Faye limoge Sonko, le duo Pastef implose
Le président Bassirou Diomaye Faye a dissous le gouvernement ce vendredi 22 mai, mettant fin aux fonctions d’Ousmane Sonko comme Premier ministre. Deux ans après leur arrivée au pouvoir, portés par le même mouvement politique, les deux hommes se séparent au terme d’une dégradation continue de leurs relations.
Ce même jour, Sonko s’était exprimé devant les députés pour défendre la loi anti-homosexualité et reconnaître une dette publique à 119 % du PIB. Le Sénégal entre dans une période d’incertitude politique en attente de la nomination d’un nouveau chef de gouvernement.
La France s’apprête à abroger le Code noir, trois siècles après sa promulgation
Le 20 mai 2026, la commission des lois de l’Assemblée nationale française a adopté à l’unanimité la proposition de loi portant abrogation du Code noir. Ce corpus d’édits royaux, promulgué entre 1685 et 1724, codifiait l’esclavage dans les colonies françaises et n’avait jamais été formellement supprimé, malgré les abolitions de 1794 et de 1848. Porté par le député guadeloupéen Max Mathiasin et cosigné par 130 parlementaires, le texte sera examiné en séance plénière le 28 mai avant de passer au Sénat. Le président Macron a publiquement soutenu la démarche le 21 mai, à l’occasion du 25e anniversaire de la loi Taubira. La question des réparations, délibérément écartée du texte par son auteur pour préserver le consensus, reste ouverte.
