Politique

« Ce n’est pas le gouvernement qui a commandé l’arrestation des leaders du GCAP »

« Ce n’est pas le gouvernement qui a commandé l’arrestation des leaders du GCAP » 1

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif, s’est exprimé le 29 avril au journal de la télévision nationale. Interrogé sur l’arrestation des huit leaders du GCAP le week-end dernier, il a affirmé que « ce nest pas le gouvernement qui a commandé l’arrestation ni la dissolution  du mouvement ».

Les leaders du GCAP ont passé quatre jours dans les locaux de la police judiciaire avant d’être auditionnés par le procureur de la République. A l’issue de ces auditions, ils ont été placés sous mandat de dépôt et transférés à Klessoum pour la suite de la procédure.
Selon le ministre, « le procureur de la République s’est saisi de l’affaire, il a mené des enquêtes avec la police judiciaire et les services spéciaux, de manière indépendante. Le GCAP ne respecte pas la loi».

Gassim Chérif a insisté sur le fait que la dissolution du groupe, prononcée par la Cour suprême le 24 avril, n’était pas une décision gouvernementale : « Nous sommes un gouvernement qui ne dicte rien à la justice ». Il a reproché au GCAP de ne pas avoir respecté cette décision et de continuer à appeler à des manifestations malgré l’interdiction.
Le ministre affirme que des preuves établissent que certains membres détenaient des armes, dont des fusils automatiques : « On ne peut pas prétendre être démocrate et utiliser des armes de guerre ». Car pour lui, Le procureur reproche aux membres du GCAP des faits jugés « graves » : attroupement illégal, association de malfaiteurs, rébellion et appel à l’insurrection. Pour le porte-parole, ces accusations reposent sur des preuves solides.

Le ministre Gassim Chérif rejette les accusations qualifiées  »d’arrestations arbitraires » : « Ce n’est pas le gouvernement qui a commandé l’arrestation. Le GCAP ne s’est jamais inscrit dans une logique de débat, de contradiction. Le GCAP n’a jamais joué les jeux institutionnels, les jeux républicains. Ils ne veulent pas se présenter aux élections. Comment peuvent-ils prétendent être des démocrates, être des opposants ? Ce terme d’opposant est galvaudé. On ne sait pas s’ils sont opposants politiques. On ne sait pas s’ils sont des activistes. On ne sait pas s’ils sont des simples perturbateurs ».

Face aux critiques sur la restriction de l’espace politique, Gassim Chérif a répliqué : « Le Tchad compte près de 300 partis politiques. L’opposition a toute sa place. L’espace politique ne se rétrécit pas, il s’élargit de jour en jour » conclut-il.