La section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) pour la ville de N’Djamena a tenu un point de presse ce 12 mars 2026 afin d’exprimer son indignation face aux récentes déclarations du ministre de l’Éducation nationale et de la Promotion civique concernant le paiement des salaires des enseignants.
Selon le syndicat, l’annonce faite par le ministre de l’Éducation d’un retard dans le versement des salaires du mois de février 2026, reporté à la fin du mois de mars et assorti de coupes pour jours non prestés, constitue « un acte de mépris profond envers le corps enseignant ». Le SET rappelle que le salaire est un droit fondamental et évoque la Convention n°87 sur la liberté syndicale, ratifiée par le Tchad, pour étayer sa position.
Le syndicat dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie d’application discriminatoire de la loi n°032 encadrant l’exercice du droit de grève dans la fonction publique. Selon lui, cette disposition viserait principalement les enseignants en cas d’arrêt de travail, alors que d’autres secteurs de l’État, notamment la santé ou la justice, ne subiraient pas systématiquement les mêmes mesures. Le SET de N’Djamena conteste également l’affirmation du ministère selon laquelle « les enseignants tchadiens figureraient parmi les mieux rémunérés d’Afrique centrale », estimant que leurs conditions de vie restent précaires.
Prenant la parole lors de cette rencontre avec la presse, Abdelkader Dibya, secrétaire général de la section provinciale du SET, a appelé à la vigilance du Médiateur de la République ainsi qu’à l’implication du Premier ministre et de la plus haute autorité de l’État afin de « trouver une issue à cette crise ». Il a également salué le dévouement des enseignants qui continuent d’assurer les cours malgré les retards de paiement, particulièrement en cette période de Ramadan et de Carême.
La section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad pour la ville de N’Djamena maintient toutefois sa position. Elle exige le versement immédiat et intégral des salaires du mois de février 2026, sans retenues, ainsi que l’accélération des négociations en vue d’une amélioration concrète des conditions de vie et de travail des enseignants.« Nous ne céderons jamais à la provocation du ministre de l’Éducation nationale, mais nous resterons debout pour défendre nos droits légitimes », a conclu Abdelkader Dibya.
Laouwei Tian Fabrice, stagiaire


