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Au Sénégal, un projet de loi durcit la répression de l’homosexualité

Au Sénégal, un projet de loi durcit la répression de l’homosexualité 1

Lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale, mardi dernier, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a présenté un projet de loi visant à alourdir les peines prévues pour les relations homosexuelles. Le texte propose de faire passer la sanction de cinq à dix ans d’emprisonnement.

Cette initiative intervient à la suite d’une série d’arrestations menées le 7 février par la gendarmerie sénégalaise. Plusieurs citoyens, dont certaines célébrités présumées homosexuelles, ont été interpellées. Selon les autorités, certaines des personnes arrêtées auraient été testées positives au VIH et sont poursuivies pour « transmission volontaire du VIH-SIDA par rapports sexuels non protégés » et « mise en danger de la vie d’autrui ».

Le projet de loi prévoit également d’inscrire une définition explicite de l’homosexualité dans le Code pénal. « Tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe constitue un acte contre-nature », a précisé le chef du gouvernement.

Le texte introduit par ailleurs des dispositions plus strictes lorsque l’acte concerne un mineur. Dans ce cas, le juge ne pourra ni accorder de sursis ni prononcer une peine inférieure au minimum prévu par la loi.

Autre mesure annoncée : toute personne faisant « l’apologie de l’homosexualité » encourrait une peine de trois à sept ans d’emprisonnement.

De son côté, l’organisation internationale Human Rights Watch s’est opposée à ces mesures qu’elle qualifie de sévères et discriminatoires. L’ONG appelle à la libération des personnes arrêtées et exhorte le gouvernement sénégalais à protéger les droits des personnes LGBT, en abrogeant les lois qu’elle juge homophobes.

Selon Human Rights Watch, ces arrestations ravivent les inquiétudes liées à la criminalisation des relations entre personnes de même sexe ainsi qu’à la sécurité des personnes vivant avec le VIH.

Rahila Biassou