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L’ex-ministre nigériane du Pétrole jugée à Londres pour corruption

L’ex-ministre nigériane du Pétrole jugée à Londres pour corruption 1

L’ancienne ministre nigériane du Pétrole et première femme à avoir présidé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Diezani Alison-Madueke, a comparu le mardi 27 janvier devant un tribunal londonien. Accusée d’avoir bâti un système de « pots-de-vin » à grande échelle durant ses années au pouvoir, elle a plaidé non coupable.

Âgée de 65 ans, Diezani Alison-Madueke est poursuivie pour des faits présumés de corruption s’étalant de 2011 à 2015, période durant laquelle elle occupait le poste stratégique de ministre des Ressources pétrolières sous la présidence de Goodluck Jonathan. Selon l’accusation, elle aurait monnayé l’accès aux ressources pétrolières du premier producteur de brut d’Afrique en échange d’avantages personnels considérables.

La justice britannique l’accuse notamment d’avoir reçu des paiements et des cadeaux de la part de personnes liées aux groupes Atlantic Energy et SPOG Petrochemical. Ces entreprises auraient obtenu d’importants contrats avec la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) et certaines de ses filiales.

Parmi les avantages évoqués figurent 100 000 livres sterling en espèces (environ 137 000 dollars), la mise à disposition de véhicules avec chauffeur, des vols en jet privé entre le Royaume-Uni et le Nigeria, ainsi que le financement de travaux de rénovation et de frais de personnel pour plusieurs propriétés situées à Londres. L’accusation mentionne également le paiement des frais de scolarité de son fils, des dépenses dans des enseignes de luxe telles que Harrods et Louis Vuitton, ainsi que d’autres déplacements en jet privé.

Première femme à avoir dirigé l’OPEP, Diezani Alison-Madueke a vu son influence s’effondrer à partir de 2015, à la suite de son départ du pouvoir. Bien qu’elle conteste vigoureusement l’ensemble des accusations, la justice nigériane a déjà procédé à la saisie de plusieurs de ses biens immobiliers, estimés à plusieurs millions de dollars.

Ses coaccusés, parmi lesquels figure son frère Doye Agama, sont également poursuivis par la justice britannique.

Libérée sous caution, Diezani Alison-Madueke devra désormais faire face à un procès qui devrait s’étendre sur au moins dix semaines.