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Violence et prison en plus des 16 mesures

Violence et prison en plus des 16 mesures 1

Violence et prison en plus des 16 mesures

Amnesty international a publié ce lundi 16 juillet 2018 au centre d’étude et de formation pour le développement (Cefod) le rapport sur le Tchad. Ce rapport peint les conséquences de la réduction drastique des dépenses sur les droits à la santé et à l’éducation explique la répression menée par les autorités contre les manifestants et les militants opposés aux mesures d’austérité mises en œuvre en réponse à la crise économique qui frappe le pays.

«Le budget de la santé a été réduit de plus de 50% en 4 ans. Des étudiants sont contraints de choisir entre leurs cours et un emploi leur permettant de subvenir à leurs besoins. Des personnes qui manifestaient contre l’austérité ont été victimes de répression et arrêtées; certaines  ont été torturées», annonce ce rapport de 66 page, intitulé ‘’budgets en chute, répression en hausse. Le coût humain des mesures d’austérité  au Tchad’’. Selon le rapport de l’Amnesty international, les mesures d’austérité mises en œuvre par les autorités accroissent  la pauvreté,  nuisent  à l’accès aux soins médicaux essentiels et mettent  l’éducation hors de portée de nombreuses  familles. « Nous nous sommes entretenus avec des femmes enceintes qui étaient contraintes de retarder des examens de contrôle prénatals importants, car elles n’avaient pas les moyens de payer ces services essentiels. Nous avons aussi rencontré des étudiants dont l’avenir brillant était menacé par la suppression sans préavis de leurs bourses d’études », précise Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International. Amnesty appelle le gouvernement à reconnaitre que les mesures d’austérité prises sont cruelles. « Une crise économique n’est pas une excuse pour porter atteinte aux droits de la population notamment les droits à la santé et à l’éducation. Les autorités doivent cesser de réprimer et de réduire en silence les personnes qui osent critiquer ces mesures draconiennes », ajoute le rapport.

Pour réaliser ce rapport, Amnesty international s’est non seulement entretenue avec des populations, des représentants du gouvernement à travers des villes telles que N’Djamena, Massaguet, Massakori  et Sarh mais aussi visité 32 établissements  de santé dans huit régions.

Stanyslas Asnan