Il est 23h40 à Djoumane, une localité située entre Kélo et Bongor, précisément au niveau du péage, ce mercredi 26 mars 2026. Une vingtaine de femmes, mères de famille, ont pris d’assaut cette partie de la route goudronnée, qu’elles utilisent comme nattes ou matelas. Elles ne sont ni malades ni chassées de leur foyer : elles sont simplement en quête de leur pitance quotidienne. Elles attendent le véhicule qui pourra les emmener vers les villages environnants, où se tiennent les marchés hebdomadaires. « C’est grâce à ça que nous nourrissons nos enfants et nos maris », confie l’une d’elles dans la langue locale.
A quelques pas de là, un agent du péage explique que cette scène est devenue leur quotidien depuis des années : « Comme tu le vois, parfois elles trouvent de quoi manger et un peu d’eau pour se laver. Elles n’ont pas d’autre choix que de mener cette activité et d’attendre le véhicule dans ces conditions. C’est regrettable, mais nous ne pouvons rien. Il faudrait que les autorités de N’Djamena leur viennent en aide », lâche-t-il avec amertume.
Pendant ce temps, certains maris passent leurs soirées dans les cabarets, parfois ivres au point de s’endormir à même le sol, raconte un passant. Ainsi, de nombreuses femmes, faute de moyens pour subvenir aux besoins de leur famille, se privent de sommeil et s’exposent aux abords des routes avec tous les risques possibles, telles des panneaux de signalisation, dans l’espoir de trouver de quoi manger ou s’habiller. Et cela, alors que d’autres profitent encore des reliquats des festivités de la SENAFET et de la Journée internationale de la femme, célébrées il y a à peine deux semaines.
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