Hier lundi 16 mai 2026, le Premier ministre Allah Maye Halina s’est présenté devant le Sénat pour un débat de fond sur la cohésion nationale. Répondant à l’interpellation du sénateur Abderamane Koulamallah, le chef du gouvernement a dû s’expliquer sur les stratégies de l’exécutif pour garantir la paix sociale et l’unité du pays.
Face aux élus, le chef du gouvernement a dû défendre son bilan et tracer les perspectives d’un « vivre-ensemble » mis à mal par les tensions communautaires et la circulation illicite des armes.
Lors de son allocution, Allah Maye Halina a pointé du doigt la prolifération des discours de haine sur les réseaux sociaux, qu’il qualifie de « menace sérieuse » pour l’équilibre social. En réponse, le gouvernement prévoit d’intensifier la sensibilisation des jeunes et d’appliquer avec fermeté les lois contre toute incitation à la haine.
Sur le plan sécuritaire, le chef du gouvernement a révélé que les récentes opérations de désarmement menées par les forces de défense ont permis la saisie de 3 889 armes de divers calibres. Il a également souligné le rôle de « première ligne » de l’administration territoriale et des autorités traditionnelles dans la prévention des conflits locaux. « Grâce à l’appui de partenaires internationaux, des centaines de médiateurs communautaires ont déjà été formés aux techniques de communication non violente », a-t-il indiqué .
Malgré ces annonces, la séance a été marquée par des interventions musclées. Le sénateur Abdramane Koulamallah a plaidé pour une vision plus structurelle, demandant la création d’un ministère dédié exclusivement à la cohésion nationale. « Je reste convaincu qu’il faut mettre en œuvre une véritable politique de cohésion nationale. Celle-ci doit être confiée à un ministère de plein exercice », a-t-il déclaré.
D’autres parlementaires ont dénoncé les réalités sociales difficiles, notamment l’interpellation de leaders d’opinion et le délabrement du système éducatif dans certaines provinces, où des élèves étudient encore à même le sol, on été brandi comme une preuve des manquements de l’État.
En réponse à ces différentes préoccupations, le Premier ministre a assuré que le gouvernement restait attentif aux doléances des élus. Il a particulièrement insisté sur l’impartialité de l’appareil judiciaire . « La justice tchadienne n’est pas faite pour les riches. Bien que la corruption existe, des mesures concrètes sont prises pour assainir le système », a-t-il martelé.
Se disant ouvert à toute évolution institutionnelle capable de consolider la paix sociale, le chef du gouvernement a quitté l’hémicycle en réitérant son engagement pour un Tchad uni et stable .
Rahila Biassou Til-ndecka (Stagiaire)


