Le ministre de la Production et de l’Industrialisation agricole, Keda Ballah a présidé ce mardi 11 mars 2026, dans les locaux de son département ministériel, l’atelier de lancement du « Projet de développement du maraîchage pour une ville intelligente-NDjamena au Tchad », destiné à renforcer la sécurité alimentaire et à créer des opportunités économiques pour les jeunes et les femmes.
Financé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à hauteur de 250 000 dollars américains, soit environ 138 millions de francs CFA, ce programme sera mis en œuvre sur une période de 24 mois sous la supervision du ministère en charge de l’Agriculture.
Le projet vise à renforcer la production maraîchère dans plusieurs zones périurbaines de N’Djamena, notamment au site du REPAR au sein de l’Assemblée nationale, ainsi que dans les localités de Liniya et Malo-Gaga.
L’initiative prévoit plusieurs actions destinées à structurer et à renforcer les capacités des producteurs. Les bénéficiaires seront organisés en « caisses de résilience », un mécanisme reposant sur trois piliers : technique, social et financier.
Des formations seront également dispensées sur les techniques de production maraîchère, notamment la fabrication de compost et l’amélioration des pratiques culturales.
Pour soutenir la production, le « Projet de développement du maraîchage pour une ville intelligente », prévoit la mise en place d’infrastructures d’irrigation modernes, notamment des forages équipés de pompes alimentées par énergie solaire, des châteaux d’eau, des systèmes de clôture ainsi que la construction de canaux d’irrigation principaux et secondaires. Les producteurs bénéficieront également d’un appui en intrants agricoles et matériels aratoires.
Selon le représentant de la FAO au Tchad, Aristide Ongone Obame, cette initiative s’inscrit dans la volonté de promouvoir une agriculture durable autour de la capitale. « La FAO travaillera en étroite collaboration avec le gouvernement tchadien afin de renforcer les mécanismes de mise en œuvre et d’assurer la pérennité de la production maraîchère », a-t-il indiqué.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Production et de l’Industrialisation agricole, Keda Ballah, a souligné le rôle stratégique du maraîchage dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et le chômage. « Le maraîchage constitue une activité stratégique capable de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle tout en favorisant l’autonomisation économique des jeunes et des femmes », a-t-il déclaré.
Selon lui, la consommation de fruits et légumes reste encore insuffisante au Tchad. « Les niveaux actuels de consommation demeurent sensiblement en dessous des 400 grammes par personne et par jour recommandés par la FAO et l’OMS, alors même que la demande ne cesse d’augmenter à N’Djamena en raison de la croissance démographique », a expliqué le ministre.
Dans ce contexte, le gouvernement voit dans le développement du maraîchage une opportunité pour améliorer l’approvisionnement des marchés de la capitale, tout en générant des revenus pour les producteurs.
Au-delà de la production agricole, cette initiative s’inscrit dans la politique de développement du gouvernement tchadien et contribue aux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, notamment ceux liés à la réduction de la pauvreté et à la lutte contre la faim.
Le ministre Keda Ballah a ainsi appelé les services techniques de son département et les institutions partenaires à s’impliquer pleinement dans la mise en œuvre du projet. « Le gouvernement attend beaucoup de cette initiative. J’instruis les services techniques et les institutions sous tutelle à collaborer étroitement avec la FAO afin de garantir la réussite de ce projet », a-t-il insisté.
Les autorités ont également annoncé la mise en place d’un suivi régulier à travers des rapports d’activités, afin d’évaluer les performances du programme et son impact sur les populations bénéficiaires.


