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Au Cameroun : Les autorités qualifient la mort de l’opposant Anicet Ekane de « cause naturelle ».

Au Cameroun : Les autorités qualifient la mort de l’opposant Anicet Ekane de « cause naturelle ». 1

Dans un communiqué publié le 24 février 2026, le ministère camerounais de la Défense a annoncé que l’opposant Anicet Ekane, décédé en détention en décembre 2025, est mort de « cause naturelle » selon un rapport d’autopsie. Une conclusion contestée par ses proches et par une partie de l’opposition, dans un contexte post-électoral tendu.

Arrêté fin octobre 2025, peu avant l’annonce de la réélection de Paul Biya, 93 ans, pour un huitième mandat, Anicet Ekane est décédé en décembre à Yaoundé, alors qu’il était incarcéré durant la période troublée ayant suivi la présidentielle du 12 octobre 2025. Selon le communiqué lu sur la CRTV, l’autopsie médico-légale ordonnée par les autorités « a conclu à une mort naturelle », évoquant « une absence totale de lésions traumatiques » et la présence de « graves pathologies » liées à de lourds antécédents médicaux.

La disparition de l’opposant avait suscité de vives réactions. Le principal adversaire politique, Maurice Kamto, avait dénoncé un « crime d’État ». Sa famille, de son côté, a affirmé qu’il avait été « détenu de manière arbitraire dans des conditions inhumaines » et privé de son appareil d’assistance respiratoire, indispensable en raison de troubles cardiaques et respiratoires graves. Le ministère de la Défense soutient toutefois qu’il souffrait de « pathologies chroniques » et qu’il avait bénéficié d’une prise en charge médicale en détention. Son corps a été remis à sa famille lundi, selon la CRTV.