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Tchad : La CNVJRR au cœur d’une conférence-débat à la Maison de la Femme

Tchad : La CNVJRR au cœur d'une conférence-débat à la Maison de la Femme 1

La Maison de la Femme a servi de cadre ce samedi 14 février, à une conférence-débat stratégique centrée sur la Commission Nationale Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CNVJRR). Sous le thème « Mandat et schéma opérationnel pour le Tchad », cette rencontre a mobilisé experts et figures de la société civile pour définir les piliers d’une paix durable.

L’initiative, portée par le Pasteur Jonathan Dionlar, concepteur stratégique du projet CNVJRR , vise à traduire en actes les résolutions du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS),  notamment sur la question cruciale de la paix et de la réconciliation nationale.

Le débat a été structuré autour de quatre interventions complémentaires, offrant une lecture exhaustive des maux et des remèdes pour le pays.

En ouverture, le défenseur des droits de l’homme Mahamat Nour Ahmed Ibedou a traité des « Violations graves des droits humains : dimensions morales et éthiques ». Il a rappelé que la restauration de la dignité humaine passe impérativement par la reconnaissance officielle de la souffrance des victimes.

Cette dimension humaine a été complétée par l’analyse poignante de l’ancienne ministre Achta Djibrine Sy, qui a abordé avec sensibilité la question du « traumatisme tchadien ». Son analyse a mis en lumière les cicatrices invisibles laissées par des décennies de conflits, soulignant qu’aucune réconciliation ne sera complète sans une guérison psychologique collective.

Pour sa part, Roland Koulanoudji, aumônier et expert en paix et sécurité, a exposé les rouages de la « justice transitionnelle et de la réforme institutionnelle ». Il a insisté sur l’urgence de réformer les structures étatiques pour garantir la non-répétition des crises et stabiliser la nation.

En clôture, le Pasteur Jonathan Dionlar a présenté en détail le mandat et les mécanismes d’action de la CNVJRR. Loin d’être une simple structure administrative, cette commission se veut, selon lui, un « engagement solennel pour la justice et la réparation ».

Cette conférence-débat marque une étape décisive dans le processus post-DNIS. En plaçant la vérité et la réparation au cœur des échanges, les organisateurs espèrent transformer la vision de la Commission Nationale Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation  en un véritable moteur de changement pour le peuple tchadien.