Dans un communiqué , l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-Tchad) alerte sur la dégradation progressive des conditions de détention à la Maison d’arrêt correctionnelle de N’Djamena. L’organisation dénonce une « précarité sanitaire et alimentaire extrême » au sein de l’établissement.
« Depuis un certain temps, les détenus vivent dans une précarité sanitaire et alimentaire alarmante », souligne l’ACAT-Tchad.
L’organisation signale une prolifération de pathologies parmi les détenus, notamment des éruptions cutanées, des toux persistantes et des tuméfactions.« Ces maladies seraient principalement causées par le surpeuplement carcéral, la mauvaise qualité de la nourriture et l’insuffisance du plateau technique médical à l’infirmerie », explique l’ACAT-Tchad.
L’absence de médicaments génériques et de soins d’urgence adaptés aggrave davantage la situation. « Les détenus n’ont pas accès à des soins de santé de qualité, pourtant garantis par les textes nationaux et internationaux », déplore l’ACAT-Tchad.
L’organisation se dit particulièrement préoccupée par le sort des détenus souffrant de pathologies chroniques. Elle cite notamment le cas du président du Syndicat Indépendant des Enseignants du Tchad (SIET), Djimoudouel Faustin, atteint de diabète et d’hypertension artérielle. « Son état de santé s’est rapidement détérioré quelques jours seulement après son incarcération », affirme l’ACAT-Tchad. Le syndicaliste a dû être hospitalisé d’urgence sous escorte à l’Hôpital de l’Union de N’Djamena avant d’être reconduit dans sa cellule.
Pour l’ACAT-Tchad, ces conditions constituent une violation grave des droits fondamentaux. « Ces pratiques portent atteinte au droit à la santé, à l’alimentation, à la dignité humaine et à l’intégrité physique, tels que garantis par la Constitution de la Ve République du Tchad et par les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par l’État », insiste l’organisation.
En conséquence, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture appelle les autorités tchadiennes à la libération immédiate de Djimoudouel Faustin pour des « considérations humanitaires et sanitaires ». L’organisation rappelle que l’État a des obligations strictes au regard du droit international et exhorte les pouvoirs publics à améliorer sans délai les conditions de vie en milieu carcéral afin de prévenir toute perte en vies humaines.



