Economie

La quatrième édition d’AGRIFORUM : un pari réussi

La quatrième édition d’AGRIFORUM : un pari réussi 1

Du 26 au 30 janvier 2026, à Moundou, dans la province du Logone Occidental, les locaux de l’ANTV ont accueilli des acteurs institutionnels, territoriaux, scientifiques, économiques et communautaires autour du thème : « Agri-business à l’horizon 2030 : quel modèle économique stratégique pour une agriculture durable, inclusive et créatrice de valeurs ».

Selon la présidente du Comité de pilotage d’AGRIFORUM, Béassemda Lydie, cette plateforme demeure nationale et orientée vers l’action, la structuration des chaînes de valeur et l’émergence de modèles économiques inclusifs, avec une priorité accordée aux petits exploitants, aux jeunes et aux femmes.

Le président du Conseil provincial, Ali Boukar, a souligné l’importance de mettre en avant les potentialités agro-sylvo-pastorales du Logone Occidental et de les transformer en richesses durables. Il a rappelé le rôle d’AGRIFORUM dans l’amélioration de la gouvernance des chaînes de valeur, l’agro-transformation locale et l’orientation des politiques publiques territoriales. De son côté, le délégué général du gouvernement, Dago Yakoubé, a consacré AGRIFORUM comme un rendez-vous stratégique national, aligné sur les priorités du programme présidentiel. Il a appelé à un changement de modèle agricole vers un agri-business compétitif, intégré et créateur de valeur.

Les échanges issus des panels et modules ont mis en évidence la nécessité d’un changement de paradigme agricole, fondé sur une approche systémique des chaînes de valeur. Celle-ci doit intégrer l’ensemble des acteurs — producteurs, chercheurs, transformateurs, commerçants, collectivités territoriales et État — et reposer sur trois piliers indissociables : performance économique, inclusion sociale et durabilité environnementale.

Les stands d’exposition ont permis de valoriser les produits agricoles transformés, les technologies adaptées, les équipements et les bonnes pratiques, tout en favorisant des échanges directs et pragmatiques entre acteurs. Ces espaces ont renforcé la visibilité des initiatives locales.

A l’issue des panels, ateliers et travaux de groupes, les participants ont formulé plusieurs recommandations :

Au gouvernement de: Élaborer et mettre en œuvre une stratégie nationale de développement de l’agri-business à l’horizon 2030, intégrée aux politiques de diversification économique post-pétrole ;Accélérer la modernisation de l’agriculture et favoriser la transition vers une agriculture orientée marché, chaînes de valeur et transformation locale ; Renforcer les infrastructures rurales (pistes, stockage, irrigation, énergie, unités de transformation) ; Mettre en place un cadre juridique clair et inclusif de sécurisation foncière, garantissant l’accès équitable à la terre et la prévention des conflits agropastoraux ; Instaurer un système national de normalisation, certification et contrôle qualité conforme aux standards régionaux et internationaux ; Déployer des mécanismes incitatifs de financement agricole, incluant la mécanisation et l’assurance agricole ; Renforcer la gouvernance, la transparence et la sécurisation des investissements agricoles.

Aux collectivités autonomes de: Positionner l’agriculture et l’agri-business comme leviers centraux du développement local, de l’emploi rural et de la cohésion sociale ; Identifier et promouvoir des pôles territoriaux de production et de transformation adaptés aux potentialités régionales ; Simplifier et décentraliser les procédures administratives liées à la création et à l’exploitation des entreprises agricoles ; Faciliter la structuration des producteurs en coopératives viables et inclusives ; Soutenir activement l’entrepreneuriat agricole local, notamment chez les jeunes et les femmes ; Mobiliser des ressources financières locales et des partenariats stratégiques.

Aux institutions financières et partenaires techniques de: Développer des produits financiers adaptés aux réalités agricoles tchadiennes ; Soutenir prioritairement les projets d’agri-business à fort impact économique, social et environnemental ; Accompagner la digitalisation du secteur agricole (information de marché, traçabilité, services financiers numériques) ; Renforcer les capacités techniques, entrepreneuriales et managériales des acteurs agricoles.

Aux organisations professionnelles et au secteur privé de: Structurer et consolider des chaînes de valeur agricoles compétitives, orientées vers la transformation locale et la création d’emplois décents ; Promouvoir des partenariats public-privé dans l’agriculture, la mécanisation et l’agro-industrie ; Investir dans la formation continue des producteurs et entrepreneurs agricoles ; Promouvoir des modèles économiques inclusifs intégrant pleinement les petits producteurs, les femmes et les jeunes.

Aux producteurs et productrices agricoles de: S’organiser en coopératives et groupements solides pour renforcer leur pouvoir de négociation et l’accès aux intrants, financements et marchés ; Adopter progressivement des pratiques agricoles modernes, durables et résilientes au climat ; S’engager activement dans les chaînes de valeur, notamment la transformation locale et la commercialisation collective ; Utiliser les outils numériques pour accéder aux informations de marché, aux services financiers et à la traçabilité ; Participer aux cadres de concertation locale afin de prévenir les conflits fonciers et promouvoir une cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs.